jeudi, juin 11

La castration chimique est-elle la solution pour lutter contre les pédocriminels? Dans notre émission « Autorité, justice: quelles réponses au fiasco? » diffusée ce mercredi 10 juin, plusieurs personnalités politiques ont tranché sur ce sujet, notamment après la mise en examen et le placement en détention de Jérôme Barella, visé par plusieurs plaintes et signalements, notamment pour des violences sexuelles sur mineurs avant la mort de Lyhanna.

Invité sur le plateau de BFMTV, le candidat à l’élection présidentielle Bruno Retailleau s’est dit favorable à une castration chimique « obligatoire », arguant le fait que cette pratique est aussi utilisée dans plusieurs pays.

« Vous n’enfermerez pas toute la vie un individu »

« Mon objectif c’est que demain, lorsque je serai président de la République, aucun pédocriminels ne se sentent en sécurité en France: oui la castration chimique est un élément, elle est pratiquée dans d’autres pays, aujourd’hui il peut l’être, mais avec le consentement », explique le président des Républicains.

« Vous n’enfermerez pas toute la vie un individu, d’où ma proposition de castration chimique obligatoire », assure ce dernier, estimant que ce traitement sera destiné « aux individus les plus dangereux qui ont les plus grands risques de récidive ».

La castration chimique est un traitement médical qui a pour objectif de réduire la libido d’un délinquant sexuel. Selon le site du gouvernement, ce traitement concerne « les auteurs d’infractions sexuelles, telles que le viol ou l’agression sexuelle sur majeur et sur mineur ».

Pour que cette sanction soit valable, il faut que « le délinquant sexuel ait subi un examen médical et que les juges aient prononcé une décision d’injonction de soins à son encontre », précise le site. Reste que la mise en place d’une castration chimique nécessite le consentement de la personne condamnée. Si elle refuse de suivre ce traitement, elle encourt des sanctions pénales.

Olivier Faure assure qu’il y a « d’autres possibilités »

Si une telle sanction est voulue par le chef des Républicains, la gauche se veut moins ferme sur l’application de ce traitement, évoquant d’autres choix possibles pour lutter contre les pédocriminels en France.

Pour la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier, ce traitement n’est pas « efficace seul », notamment s’il est effectué « sans traitement psychologique, sans accompagnement de la personne ».

« Il y a un problème de santé mentale assez large dans le pays sur des tas d’aspects (…) tant qu’on ne prendra pas en charge » la santé mentale, « ça ne marchera pas ».

Au sein du Parti socialiste, le Premier secrétaire Olivier Faure estime qu’il est de toute manière « impossible » d’imposer la castration chimique puisqu’elle repose « sur la base du volontariat ».

« Il y a d’autres possibilités qui n’est pas la castration chimique mais qui est le bracelet électronique », évoque Olivier Faure citant les « bracelets anti-rapprochements » utilisées au lendemain d’une sortie de prison.

Article original publié sur BFMTV.com

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