- Aux États-Unis, la tension ne retombe pas dans la ville de Minneapolis.
- Plus de dix jours après la mort d’une femme abattue par un agent de l’ICE, une partie de la population se rebelle collectivement contre la police de l’immigration de Donald Trump.
- Regardez ce reportage du JT de 20H de TF1.
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Le second mandat de Donald Trump
De George Floyd, le 25 mai 2020, à Renee Nicole Good, le 7 janvier 2026, l’histoire se répète à Minneapolis (Minnesota). Deux habitants de la ville tués par les forces de l’ordre, suscitant une retentissante vague d’indignation, puis de protestation. À la différence que, dans le second cas, c’est une police un peu particulière qui est impliquée : l’ICE, la « police de l’immigration » créée par Donald Trump au début de son second mandat, en lui donnant l’objectif d’expulser chaque année un million d’étrangers en situation irrégulière. C’est dans ce contexte que ses agents multiplient les opérations à Minneapolis depuis bientôt deux mois. Mais ils doivent désormais faire face à la défiance collective d’une partie conséquente de la population.
En effet, comme le montre le reportage issu du JT de 20H de TF1 visible en tête de cet article, chaque intervention de ces policiers attire à présent des habitants de Minneapolis soucieux de leur faire respecter la loi. « Baissez vos armes, il y a un enfant, et montrez-moi votre mandat ! »
, lance l’un d’eux, en marge d’une arrestation. En vain. Ces agents n’en ont pas. Ils viennent donc de violer le quatrième amendement de la Constitution américaine en mondovision, leurs interventions étant à présent systématiquement filmées au smartphone pour être envoyées à des journalistes ou diffusées sur les réseaux sociaux. L’individu alors interpellé sera libéré dans la foulée, à savoir ce week-end, par un juge fédéral.
Autres moyens de pression : des concerts de klaxons pour rendre le travail des agents assourdissant (notre vidéo montre que cela fonctionne), mais aussi des manifestations quotidiennes devant les bâtiments administratifs où les individus arrêtés par l’ICE sont incarcérés, et d’où s’élèvent des chants invitant « les nazis »
à « aller voir ailleurs »
… « J’ai des amis somaliens et afghans qui ont été enlevés par l’ICE. Alors, je suis ici pour dire que nous ne tolérons pas le sectarisme dans notre ville »
, clame l’un d’eux. « Trump essaie d’instaurer le fascisme, de mettre fin à la république, de créer de la violence pour pouvoir envoyer les troupes »
, ajoute un autre, en réaction à la menace brandie par le président américain de recourir à l’armée.
Selon CBS News (nouvelle fenêtre), citant une source interne à l’administration Trump, quelque 1.500 soldats, actuellement stationnés en Alaska, se tiennent prêts à être déployés à Minneapolis à des fins de maintien de l’ordre. En parallèle, le budget de l’ICE a été récemment triplé, atteignant 75 milliards de dollars et dépassant maintenant celui du FBI, pour accélérer le rythme des expulsions. De leur côté, les autorités municipales continuent d’appeler leurs concitoyens au « calme »
, tout en exigeant le départ « immédiat »
de l’ICE. Même son de cloche du côté du gouverneur démocrate du Minnesota, qui fustige « le chaos, les perturbations et les traumatismes que le gouvernement fédéral fait subir à notre communauté »
, mais exhorte dans le même temps les habitants à ne pas « tomber dans le piège susceptible de provoquer une riposte fédérale bien plus musclée »
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