mardi, juillet 21

Que retenir de la Coupe du monde 2026 à l’issue de la finale entre l’Espagne et l’Argentine ? Gianni Infantino pourrait être tenté de répondre à la question en vantant le succès global de la compétition outre-Atlantique, au regard des matches spectaculaires, des stars présentes ou encore de l’affluence dans les stades. Mais ce Mondial de la démesure a aussi été entaché par l’affaire Balogun, le meilleur joueur américain qui n’a finalement pas été suspendu – après intervention de la Fifa – alors qu’il avait reçu un carton rouge.

Cette compétition était inédite sur bien des aspects : sportif, géographique, organisationnel, environnemental, diplomatique, politique, avec à l’arrivée d’énormes bénéfices financiers qui devraient assurer à Gianni Infantino une réélection dans un fauteuil à la tête de la Fifa l’an prochain, et en même temps une image écornée et une crédibilité contestée.

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Un Mondial XXL à 48 équipes

Gianni Infantino peut remercier les Capverdiens : à eux seuls, en poussant l’Argentine en prolongation après avoir tenu en échec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, ils ont justifié le passage de 32 à 48 sélections.

Le patron de l’UEFA Aleksander Ceferin pronostiquait plus de matches « sans intérêt » ? Les performances des petites nations, dont quatre néophytes, ont été honorables voire surprenantes, à l’image de Curaçao qui a arraché un nul contre l’Équateur. Ou de la RD Congo capable, pour sa seconde participation, de neutraliser le Portugal et de mener face à l’Angleterre en 16es de finale.

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Sur les 104 rencontres disputées, la très grande majorité a  revêtu un réel intérêt. Même lors de la phase de groupe, avec des tickets pour les huit meilleurs troisièmes qui ont attendu le dernier match de la dernière journée pour être distribués, au bout du suspense. De quoi conforter Gianni Infantino dans l’idée d’une expansion à 64 participants pour le centenaire du Mondial en 2030. « Si on n’offre pas aux petits pays la possibilité de participer au Mondial, ils n’auront plus la motivation de continuer à s’améliorer », a-t-il prédit. 

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Restent les questions autour de l’énorme impact climatique du tournoi, disputé dans 16 villes, sur quatre fuseaux horaires différents, qui a obligé certaines équipes à effectuer de longs voyages. Quant au jet privé de Gianni Infantino, présent à une multitude de matches, parfois dans la même journée, son bilan carbone total est considéré par les experts comme inédit dans l’histoire des grands évènements sportifs.

Du spectacle à tous les étages

L’édition 2026 de la Coupe du monde ressemblait bien à un blockbuster hollywoodien, avec un casting de rêve sur les pelouses, un scénario à rebondissements, des moments de bravoure et des supporteurs qui ont aussi assuré le spectacle, à l’image de la « Tartan army » écossaise ou du désormais célèbre « row Viking » des Norvégiens. Sans parler des people en tribunes et des megastars qui se sont produites lors de multiples « shows à l’américaine ».

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Dès le début, un sprint ébouriffant a été lancé pour le titre de meilleur buteur du tournoi, qui a aussi bouleversé le classement historique de la Coupe du monde. Pour sa dernière à 39 ans, Lionel Messi, inoxydable jusqu’en finale, n’a été supplanté que par Kylian Mbappé (10 buts qui font 22 au total, nouveau record), malgré d’autres « stars-shooteurs » à l’affût, Erling Haaland, Jude Bellingham, Harry Kane, Ousmane Dembélé…

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La « feel good story » de ce Mondial fut celle du Cap-Vert, aux joueurs inconnus de la planète foot, épatants de bout en bout et perdants héroïques contre l’Argentine, guidés par leur gardien Vozinha, devenu à 40 ans une des révélations du Mondial.

Pause fraîcheur ou coupure pub ?

Le tournoi a aussi été l’occasion d’éprouver la fiabilité de la VAR, malgré quelques décisions controversées, et de voir à l’œuvre le capteur de mouvement intégré dans le ballon. Infaillible pour refuser un but aux Croates face aux Portugais en 16es de finale, le dispositif n’a, selon la Fifa, pas bippé quand le ballon a semblé heurter un câble aérien, pour finalement permettre à l’Angleterre d’égaliser contre la Norvège en quarts pour (2-1).

Intronisées en raison des fortes chaleurs, les pauses fraîcheur ont presque fait l’unanimité… contre elles : sifflées dans certains stades climatisés, critiquées pour casser la dynamique des matches, ces « hydration breaks » ont surtout bénéficié aux diffuseurs avec des coupures publicitaires synonymes de juteuses recettes. Et si elles se généralisaient, cela pourrait même modifier la structure même d’un match, avec un coaching en quatre périodes au lieu de deux.

Enfin côté dépenses pour les supporteurs, le coût exorbitant des billets soumis à la tarification dynamique a été un sujet brûlant. Mais au final, les tribunes ont été presque à chaque fois pleines.

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Polémique autour des visas américains

Longtemps, du fait de la guerre au Moyen-Orient, la participation de l’Iran a été incertaine. Alors que certains membres de l’encadrement n’ont pas obtenu de visa, la Team Melli a dû disputer ses trois matches à Los Angeles puis à Seattle, dans des conditions très dégradées par les allers-retours express en provenance de son camp de base mexicain, choisi à la dernière minute.

Gianni Infantino, qui avait assuré que l’Iran disputerait bien ce Mondial, a eu raison. Et les agents d’ICE, la police fédérale de l’immigration, n’ont pas fait de rafle aux abords des stades, comme certains le craignaient.

Les détracteurs d’Infantino jugent toutefois « obscène » sa « servilité à l’égard » du président américain, mais beaucoup voient quand même dans cette étroite relation quelque chose de « rationnel pour assurer le succès du tournoi, si dépendant de l’administration fédérale », résume à l’AFP un familier des instances du football international.

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Il y eut néanmoins quelques couacs, comme lorsque la Fifa a accepté sans discuter le refoulement de l’arbitre somalien Omar Artan, pourtant détenteur d’un visa, mais « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes », selon le département d’État américain. « C’est malheureux, mais nous ne contrôlons pas tout », a alors argué Gianni Infantino.

Le scandale Balogun, une tâche indélébile ?

Mais l’événement le plus dévastateur pour l’image de la Fifa reste le coup de fil assumé par Donald Trump pour que Gianni Infantino fasse réexaminer le carton rouge attribué à l’attaquant américain Folarin Balogun en 8es de finale. La Fifa a tout tenté pour minimiser l’affaire, mais sa commission de discipline – dont les membres sont choisis par l’exécutif de l’instance – n’a pas fourni une seule explication justifiant de suspendre la sanction du joueur, qui a donc pu jouer et perdre avec Team USA contre la Belgique (4-1).

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Cette ingérence politique sur le terrain sportif n’est pas une première dans l’histoire du Mondial. Mais elle a été inédite par son procédé et ses conséquences, mettant en doute l’intégrité même du tournoi.

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Les réactions outrées sont venues de toutes parts, du monde sportif comme politique. Ulcérée, l’UEFA a estimé qu’une « ligne rouge » avait été franchie. L’instance européenne n’a pas pour autant serré les rangs autour d’un possible rival à Infantino pour l’élection de mars à la tête de la Fifa..

Le fait est que Gianni Infantino ne fait pas mystère de sa complicité avec Donald Trump depuis le retour de celui-ci au pouvoir. En décembre 2025, il avait remis au président américain le « Prix de la paix de la Fifa » créé pour l’occasion, affichant déjà son allégeance en mondovision.

Avec AFP

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