Arbitre somalien refoulé des Etats-Unis, spectateurs iraniens possiblement privés de billet, tensions diplomatiques persistantes et grogne sociale à Mexico… autant de sujets brûlants auxquels devra répondre le patron de la Fifa Gianni Infantino, en conférence de presse mercredi à Mexico, à la veille du début du Mondial-2026.
. Infantino à Mexico où ça gronde
Le rendez-vous a été fixé avec les médias du monde entier à 12h30 locales (20h30 à Paris) au stade Aztèque, où aura lieu jeudi l’ouverture tant attendue de la Coupe du monde, avec un match Mexique-Afrique du Sud précédé d’une cérémonie en musique, le tout diffusé en mondovision.
L’heure du foot et de la fête? Enfin. Mais à quelques heures de ces célébrations, c’est dans un climat social tendu que la capitale mexicaine peaufine les derniers préparatifs.
Des milliers de manifestants, exigeant des augmentations de salaire et l’abrogation d’une loi sur les retraites, ont momentanément bloqué mardi le principal accès à l’enceinte mythique devant accueillir pour la troisième fois un match d’ouverture après 1970 et 1986. Cela s’est néanmoins produit sans incident.
« Tout est sous contrôle », a affirmé mercredi la présidente Claudia Sheinbaum, qui a promis une cérémonie d’ouverture « dans la paix ». « On pourra se rendre au stade, a-t-elle ajouté, et ce sera une très belle cérémonie d’ouverture ».
. Visa en règle mais arbitre refoulé
Plus que la crise sociale au Mexique, ce sont les tensions diplomatiques et ses conséquences sur l’organisation et le bon déroulement du Mondial dont devra répondre Gianni Infantino.
Depuis lundi, les tensions se multiplient autour de la stricte politique migratoire américaine, embarrassant la Fifa qui a expliqué dans un communiqué transmis à l’AFP qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».
Le couac le plus retentissant concerne l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son arrivée à Miami (Floride). Ecarté par la Fifa, il a déploré auprès du New York Times que « le plus grand rêve de (sa) vie » ait volé en éclats.
« Je serai là à la prochaine Coupe du monde » en 2030, a-t-il toutefois affirmé mercredi à son retour à Mogadiscio.
La Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux Etats-Unis par l’administration de Donald Trump, a affirmé que l’arbitre disposait d’un visa en règle. Réponse du Département d’Etat américain, interrogé par l’AFP: il était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».
. L’Iran dans le flou
Dans le contexte brûlant de la guerre déclenchée au Moyen-Orient à la suite de l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février, la Team Melli poursuit, tant bien que mal, sa préparation dans son camp de base mexicain de Tijuana.
Après une période d’incertitude sur leur participation, les joueurs et l’encadrement iraniens ont bien reçu leurs visas pour les Etats-Unis où ils doivent disputer leurs trois premiers matches, mais plusieurs accompagnants ont vu leur demande refusée, dont le président de la fédération iranienne Mehdi Taj.
Ils se rendront bien à Los Angeles le 14 juin, par vol charter, à la veille d’entrer en lice contre la Nouvelle-Zélande, a annoncé mardi le porte-parole de la fédération.
. Le journaliste français détenu en Algérie accrédité
Le journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis un an en Algérie, a été accrédité par la Fifa, a annoncé l’ONG Reporters sans frontières, qui « rappelle combien la place de ce journaliste sportif spécialiste de foot n’est pas en prison mais bien dans les stades ».
Christophe Gleizes, 37 ans, a été arrêté en mai 2024 en Algérie, dans le cadre d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Incarcéré depuis juin 2025, il a été condamné pour « apologie du terrorisme » à sept ans de prison.
. La patronne du CIO confiante pour LA-2028
La présidente du Comité international olympique, Kirsty Coventry, s’est dite « confiante » mercredi dans le bon déroulement des JO-2028 de Los Angeles, malgré les « défis » que rencontre le Mondial de football face à la politique migratoire américaine.
« J’ai confiance dans le fait que, dans deux ans, nous serons en mesure de surmonter un certain nombre des défis auxquels la Coupe du monde est confrontée aujourd’hui », a estimé la patronne de l’olympisme.
. Messi rejoue, les Bleus arrivent
Côté sportif, les Argentins, champions du monde en titre, ont bouclé leur préparation par une victoire aisée (3-0) contre l’Islande, avec quelques caviars et un but de Lionel Messi sur penalty.
Finaliste malheureuse il y a quatre ans au Qatar, l’équipe de France est attendue dans l’après-midi à Boston (vers 21h30 heure de Paris) où les Bleus vont prendre leurs quartiers.
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