vendredi, janvier 2

  • Les jours passent et la victoire de la Mexicaine Fatima Bosch, sacrée vendredi, continue de déchaîner les passions en ligne.
  • Raul Rocha, à la tête du concours Miss Univers, s’est fendu d’un long communiqué pour nier tout favoritisme envers sa compatriote.
  • Dans le même temps, l’Ivoirienne Olivia Yacé a renoncé au titre de Miss Univers Afrique et Océanie qu’elle qualifie de « rôle tronqué ».

Rarement une édition de Miss Univers aura autant fait parler. La 74e élection, qui s’est conclue vendredi dernier en Thaïlande avec un top 30 de la Française Ève Gilles, a été marquée par plusieurs incidents. Bousculée par les insultes d’un délégué national envers Miss Mexique au début de la compétition, le concours a fait face à des accusations de fraude de la part d’un membre du jury qui a préféré démissionner. Le sacre de la Mexicaine a par la suite été largement discrédité en ligne par des internautes très étonnés de la voir accéder à la couronne après une prestation jugée en demi-teinte.

Il est totalement faux et impossible de dire qu’il existe un lien quelconque entre l’attribution de ce contrat et la victoire de cette candidate

Raul Rocha, président de Miss Univers

Nombreux sont ceux à avoir évoqué la proximité de Raul Rocha, homme d’affaires mexicain à la tête de Miss Univers, et celle du père de Fatima Bosch. Les internautes parlent notamment d’un contrat entre les deux entreprises à hauteur de plusieurs millions de dollars. Un accord financier lors duquel aurait été négociée la couronne de la jeune femme de 25 ans. Faux, assure le patron du concours qui a mis en ligne ce lundi une « clarification officielle »

Son texte long de deux pages, publié sur Instagram répond aux « reportages et publications visant à désinformer, semer la confusion et manipuler un public convaincu qu’ils pratiquent un journalisme ‘véridique’, alors qu’en réalité, ce sont le sensationnalisme et l’opportunisme qui sont les valeurs qu’ils prônent en diffusant des informations partialement biaisées et en diffamant sans scrupules ».

Chiffres à l’appui, Raul Rocha revient sur ses affaires avec Petroleos Mexicanos, compagnie pétrolière mexicaine pour laquelle travaille Bernardo Bosch Hernandez. Il parle de discussions datant de 2023 qui n’ont abouti à « aucun bénéfice extraordinaire ». Le businessman mexicain rappelle qu’une de ses sociétés s’est offert 50% des parts de l’organisation Miss Univers le 29 janvier 2024, « soit presque un an après la signature du contrat ».

« Pendant la période où les démarches relatives à cet appel d’offres ont été menées, je n’ai aucun lien direct ou indirect avec un membre quelconque de l’organisation Miss Univers, et encore moins avec un membre de la famille Bosch, que j’ai eu le plaisir de rencontrer il y a à peine deux mois lors du concours Miss Univers Mexique 2025 qui s’est déroulé le 13 septembre 2025. Il est donc totalement faux et impossible de dire qu’il existe un lien quelconque entre l’attribution de ce contrat et la victoire de cette candidate à la 74e édition de Miss Univers étant donné qu’il s’est écoulé deux ans et huit mois entre la date de la signature du contrat et ce concours », martèle Raul Rocha. 

La colère de Miss Côte d’Ivoire

Le Mexicain dit se réserver le droit d’attaquer en justice quiconque « diffusera de fausses informations ». L’organisation a reçu le soutien des comités Miss Univers du Salvador et de la République dominicaine, selon qui le concours « est plus important que n’importe quel bruit passager ». Dans un entretien à Paris Match (nouvelle fenêtre), le président de la Société Miss France s’interroge sur une future participation. « On paie tous une licence pour envoyer quelqu’un, donc il va falloir rendre des comptes. On ne peut pas juste mettre un mouchoir sur tout ça. Une plantade, ça peut arriver. Mais cet enchaînement de couacs, il va falloir qu’ils s’expliquent », a déclaré Frédéric Gilbert à l’hebdomadaire.

Les candidates aussi se rebiffent. Quatrième dauphine de Miss Univers 2025, l’Ivoirienne Olivia Yacé aurait dû porter pendant un an le titre de Miss Univers Afrique et Océanie. Mais elle n’en fera rien. La jeune femme annonce renoncer à ce titre honorifique ainsi que sa démission « de toute future affiliation avec le comité Miss Univers ». « Me retirer de ce rôle tronqué (…) me permettra de me consacrer pleinement à la défense des valeurs qui me sont chères », dit-elle, citant « le respect, la dignité, l’excellence et l’égalité des chances qui sont ses repères les plus solides ». Sous-entendant donc que celles-ci ne sont pas partagées par l’organisation du concours.

L’inquiétude autour de Miss Jamaïque

Olivia Yacé, qui était l’une des grandes favorites cette année, « en appelle aux communautés noires, africaines, caribéennes, américaines, Afro-descendants. Continuez à entrer dans les espaces où l’on ne vous attend pas (…). Notre présence compte et nos voix doivent être entendues », insiste-t-elle. Miss Côte d’Ivoire a également une pensée pour sa collègue jamaïcaine, privée de finale après une chute impressionnante lors du preliminary show. Gabrielle Henry est toujours hospitalisée à Bangkok et doit rester quelques jours supplémentaires dans une unité de soins intensifs.

La famille de la reine de beauté de 29 ans assure que la jeune femme n’a commis « aucune erreur dans sa démarche » avant sa chute. Alors à qui la faute ? Silencieuse ces derniers jours sur le sujet, l’organisation Miss Univers a pris la parole ce lundi dans un nouveau communiqué. Raul Rocha indique avoir pris en charge l’intégralité des frais d’hospitalisation de la jeune femme qui est « en bonne santé » et « proche de la sortie ». Ce dossier largement plus sensible que celui concernant la détentrice de la couronne pourrait bien à terme coûter cher à l’image du comité.

Delphine DE FREITAS

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