Les élections américaines de mi-mandat débutent vendredi 4 septembre dans la confusion autour du vote par correspondance, alors que les premiers bulletins sont envoyés et que Donald Trump cherche à obtenir des tribunaux de nouvelles restrictions sur leur traitement.
La Caroline du Nord a commencé à envoyer des bulletins, lançant officiellement une séquence électorale qui culminera le 3 novembre et décidera de la majorité au Congrès pour les deux dernières années du mandat du président américain. Mais les électeurs et les responsables électoraux ignorent toujours quelles règles pourraient s’appliquer à des millions de bulletins envoyés par courrier.
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Donald Trump, qui a fait de cette question un cheval de bataille, demande à la Cour suprême de rétablir des restrictions sur le vote par correspondance qui avaient été adoptées par décret avant d’être ensuite bloquées par un juge.
Pendant ce temps, les États se préparent tant bien que mal à des changements qui pourraient intervenir après le début du vote.
« Ce sont les États qui fixent les modalités, pas le président »
Le contentieux a été renforcé cette semaine par les accusations d’un lanceur d’alerte contre le nouveau système mis en place par la Poste américaine pour se conformer au décret de Donald Trump.
Celui-ci ordonne aux États de créer une liste des électeurs habilités à voter, et à la Poste de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes qui y figurent.
« Potentiellement, des millions d’électeurs américains pourraient ne pas recevoir – à temps ou du tout – leur bulletin de vote par correspondance pour les prochaines élections », a mis en garde le lanceur d’alerte.
Les enveloppes contenant les bulletins devraient également comporter des codes-barres, la Poste étant habilitée à refuser les envois qui ne respecteraient pas ses exigences.
Le gouvernement affirme que ces règles visent à protéger l’intégrité des élections. Depuis des années, Donald Trump martèle en effet sans preuve que le vote par correspondance favorise la fraude, tout en y ayant lui-même recours, notamment lors de la primaire républicaine en Floride le mois dernier.
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Cette incertitude s’ajoute à un système électoral qui varie déjà considérablement selon les États. « Ce sont les États qui fixent la date, le lieu et les modalités des élections dans ce pays, pas le président », a déclaré Marc Elias, fondateur de la plateforme américaine de défense du droit de vote Democracy Docket, dans son émission sur YouTube. « Le Congrès peut passer outre les États dans de nombreux cas, mais le président ne le peut en aucun cas. Le président ne dispose d’aucun pouvoir sur les élections fédérales. »
Les responsables de Caroline du Nord ont indiqué que les envois de vendredi se dérouleraient normalement et que l’État n’avait pas l’intention d’utiliser le système au cœur du litige.
Popularité de Trump au plus bas
Le temps presse pour toute réforme à l’échelle nationale. Vendredi marque en effet le début de la période de 60 jours avant le scrutin prévue par le décret pour que les États transmettent les informations sur les électeurs.
Dix-huit autres États devraient commencer à distribuer des bulletins environ 45 jours avant le 3 novembre.
Les responsables électoraux disposeraient donc de peu de temps pour modifier la conception des enveloppes, mettre à jour les systèmes informatiques, former les employés et importer les données électorales si les tribunaux autorisent l’entrée en vigueur des restrictions.
Une juge fédérale qui examine la possibilité de prolonger le blocage temporaire du projet du président a averti jeudi que des changements précipités pourraient provoquer d’importantes perturbations. « Nous ne sommes pas en train de résoudre un casse-tête intellectuel », aurait déclaré la juge Indira Talwani à un avocat défendant les restrictions, dans des propos largement repris par les médias américains. « Nous parlons du droit de vote des citoyens. »
Ce bras de fer, qui s’ajoute aux conflits autour du redécoupage électoral partisan dans une douzaine d’États environ, se joue sur fond d’enjeux politiques considérables.
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Les « midterms » semblent mal embarquées pour la majorité républicaine, la popularité de Donald Trump étant au plus bas, entre guerre en Iran et prix qui flambent, en particulier ceux de l’énergie.
Selon un modèle de projections de l’université Cornell, l’opposition démocrate a huit chances sur dix de prendre le contrôle de la Chambre basse.
Avec AFP



