samedi, janvier 24

  • Révélé par le Jamel Comedy Club, l’humoriste a été mis en examen par le parquet de Bobigny.
  • Une comédienne lui reproche des faits survenus en 2015, à la suite d’une soirée alcoolisée avec son collègue Lenny M’Bunga.
  • À l’époque, elle avait tenté de porter plainte auprès de la police, en vain.

Après le cinéma, c’est au tour de la scène comique française de faire son #MeToo. L’humoriste Djimo, 35 ans, révélé en 2017 par le Jamel Comedy Club, vient d’être mis en examen pour viol pour des faits remontant à l’été 2015, indique à l’AFP le parquet de Bobigny, confirmant une information du site Mediapart.

L’avocate Agathe Torcy a salué « une avancée procédurale majeure » pour sa cliente, la comédienne Elise Vigné, 31 ans, qui « a énormément souffert et subit une vague de haine sur les réseaux sociaux parce qu’elle prend courageusement la parole ». À l’appui du récit de la plaignante, Mediapart a cité des messages postérieurs aux faits, échangés par les protagonistes.

La jeune femme avait déposé plainte le 27 mars 2023, pour des faits survenus fin août-début septembre 2015, quand elle avait 21 ans et travaillait comme régisseuse au Paname, un comedy club à Paris. Selon son récit, elle avait invité à son domicile les humoristes Djimo et Lenny M’Bunga, après avoir passé avec eux une soirée durant laquelle ils avaient bu de l’alcool et avaient été recalés ensemble à l’entrée d’une boîte de nuit. 

Elle a expliqué avoir d’abord eu un rapport « consenti » avec Lenny M’Bunga, qui serait sorti de la chambre. Puis, à la faveur de l’obscurité, Djimo se serait glissé dans le lit et l’aurait pénétrée. « Pour moi, c’était Lenny qui était revenu. Je n’ai su qu’après que c’était Djimo », raconte la plaignante à l’AFP. Elle dit n’avoir pris clairement conscience d’avoir subi un viol que plus tard, en apprenant que Lenny avait fait un sketch évoquant l’histoire de deux hommes qui échangent leur rôle, à l’insu d’une fille.

Les avocats du rappeur, Me Marc Bailly et Me Gabriel Dumenil, rappellent qu’à l’issue de l’enquête débutée en 2023, leur client n’avait pas été mis en examen mais placé sous le statut plus favorable de témoin assisté. Ils contestent sa récente mise en examen, le 15 janvier, plus de dix ans après les faits, qui ne repose selon eux « sur aucun élément nouveau »

« Djimo reste combatif et usera de toute voie de droit nécessaire pour faire reconnaître son innocence », ont-ils assuré. De son côté, Lenny M’Bunga, est « depuis le début placé sous le statut de témoin assisté », a confirmé son avocat, Me Romain Dieudonné, faisant valoir que « ni la justice ni la plaignante ne lui reprochent aujourd’hui la moindre infraction ».

« J’avais essayé de déposer plainte en 2015, mais on n’avait pas accepté ma plainte au commissariat de Montreuil, les policiers me disaient que ce n’était pas un viol avec violence, que mon histoire n’était pas si importante », confie à l’AFP Elise Vigné. « Mais un jour, j’ai décidé de déposer plainte, quand je l’ai senti et quand j’en ai eu marre de voir que mon père riait à ses blagues à la télé ». 

« MeToo était passé par là, je me disais qu’il y aurait certainement quelqu’un pour m’écouter dans un commissariat, et ça a été traité par des femmes charmantes qui ont pris au sérieux ma plainte », a rapporté Elise Vigné, disant l’avoir fait pour « se libérer et éventuellement pour que d’autres personnes dans la même situation se sentent assez fortes pour parler ».

J.V.

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