dimanche, janvier 18

  • Le président français Emmanuel Macron et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni sont montés au créneau dimanche.
  • Le premier a indiqué qu’il va demander l’activation de « l’instrument anticoercition » de l’UE face aux menaces de surtaxes douanières de Donald Trump.
  • Un outil qui permet, entre autres, le gel de l’accès aux marchés publics européens.

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Le Groenland dans le viseur de Trump

La réponse est immédiate et les mots fusent sur les réseaux sociaux des dirigeants européens. Une « menace inacceptable », pour le président français Emmanuel Macron, une Europe qui doit rester « unie » pour la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou une « erreur », pour la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni. Face aux menaces de Donald Trump d’imposer des surtaxes douanières aux pays européens qui soutiennent le Groenland, le Vieux Continent monte au créneau. 

Un face-à-face avec Donald Trump qui a commencé il y a deux jours, lorsque le président américain menaçait : « Je mettrai des tarifs douaniers sur les pays qui ne sont pas d’accord. On a besoin du Groenland pour la sécurité nationale ». Samedi 17 janvier, il a mis ses menaces à exécution en annonçant une hausse de 10% des droits de douane au 1er février pour huit pays européens. Les huit États qui ont envoyé des soldats dans le territoire autonome danois, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne. 

Carte des huit pays européens qui participent à l’exercice militaire au Groenland – TF1

« Ces pays jouent un jeu dangereux et font peser un gros risque et ce n’est pas tenable », a même asséné le dirigeant américain. Face à cette menace, les Européens se sont donc mis en en ordre de bataille. Mais pour quelle réponse ? Du côté de la France, Emmanuel Macron a annoncé qu’il demandera d’activer l’instrument anticoercition. Un outil commercial puissant dont le bloc s’est doté en 2023 mais qui n’a encore jamais été utilisé. 

Le commerce lourdement handicapé

« Le commerce avec les États-Unis pourrait être lourdement handicapé. C’est une arme de dissuasion massive. Cela permettrait à l’Union européenne de dire à certaines entreprises américaines qu’elles n’ont plus le droit de venir travailler sur le marché européen. Elle pourrait s’en prendre, l’Union européenne, aux GAFAM, aux grandes entreprises du numérique », détaille Magali Barthes, éditorialiste internationale pour TF1-LCI dans le reportage en tête de cet article. 

Selon les textes de l’UE, la coercition économique existe lorsqu’un pays tiers « applique ou menace d’appliquer une mesure affectant le  commerce ou les investissements » dans le but d’interférer « dans les choix souverains légitimes de l’UE ou d’un État membre ». Cet instrument « nous permettra de défendre avec plus d’assurance nos droits et intérêts légitimes », soulignait le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis lors de son adoption en juin 2023.

À l’époque, l’utilisation de cette nouvelle arme avait été envisagée dans le conflit qui opposait la Lituanie à la Chine. Le pays balte accusait Pékin de bloquer ses exportations pour protester contre l’ouverture d’une représentation diplomatique taïwanaise à Vilnius. Entre-temps, Donald Trump, qui a fait des droits de douane l’une de ses armes favorites, est revenu à la présidence des États-Unis. Le possible recours à cet instrument a déjà été soulevé au printemps 2025 pour répondre aux droits de douane annoncés par le locataire de la Maison Blanche. 

Mais les Vingt-Sept n’étaient pas passés à l’acte, au grand dam de certains eurodéputés et analystes qui avaient mis en garde contre le faible effet dissuasif d’une mesure si elle n’est jamais appliquée. 

Beaucoup d’interrogations

Si le mécanisme était déclenché cette fois, beaucoup d’interrogations subsistent dans la mesure où cet instrument n’a jamais été utilisé. Combien de temps faudrait-il pour l’activer ? Quelle serait sa portée exacte ? Concrètement, la Commission peut lancer la procédure de sa propre initiative ou à la demande d’un État membre. La décision d’activation de cette mesure doit ensuite être approuvée par le Conseil de l’UE à la majorité qualifiée, c’est-à-dire avec le soutien d’au moins 55% des États membres représentant au moins 65% de la population de l’UE. 

En cas de feu vert s’ouvre alors une phase de médiation, sans limite de temps, durant laquelle la Commission tentera de convaincre l’État incriminé de faire cesser les mesures contestées. Faute d’accord, la Commission propose les mesures de riposte les plus adaptées dans son arsenal. 

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Julie CALDERON, Alizée CALVO, Michael MERLE

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