La sertraline, un traitement antidépresseur prescrit également face à d’autres troubles psychiatriques, est touchée par des difficultés d’approvisionnement.
Un constat poussant l’agence du médicament à demander aux médecins de restreindre les prescriptions.
La sertraline est à son tour touchée par des difficultés d’approvisionnement. « Depuis plusieurs semaines, l’ANSM a été informée par les laboratoires et par des remontées de terrain de tensions d’approvisionnment portant sur la sertraline », a indiqué dans un communiqué l’Agence nationale de sécurité du médicament.
La sertraline est un antidépresseur utilisé chez l’adulte dans le traitement de plusieurs pathologies mentales, dont la dépression et les troubles d’anxiété sociale, de stress post-traumatique ou panique. Elle peut aussi être employée chez les enfants et adolescents de 6 à 17 ans dans les troubles obsessionnels compulsifs. Cet antidépresseur est ainsi commercialisé sous le nom Zoloft par le laboratoire Viatris, mais aussi sous des versions génériques par d’autres groupes.
« Retour à la normale » envisagé d’ici fin mai
Les tensions d’approvisionnement « s’expliquent notamment par des problèmes temporaires de production rencontrés par les laboratoires concernés dans un contexte de consommation croissante depuis plusieurs années », selon l’ANSM. « Un retour à la normale » des approvisionnements « est envisagé d’ici la fin du mois de mai 2025, ce qui signifie que les patients devraient de nouveau accéder à leur traitement quelques semaines après », a précisé l’agence du médicament.
Dans ce contexte, l’agence du médicament a annoncé plusieurs mesures pour gérer la pénurie, dont une interdiction des exportations, mais surtout une restriction des prescriptions. Aux médecins, il est demandé de limiter les démarrages de traitement par sertraline, « pour toutes ses indications », et de privilégier à la place une autre molécule de la même famille. « Seules exceptions à cette recommandation : la prise en charge des femmes en période périnatale et la prise en charge des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) de l’enfant et de l’adolescent », a précisé l’ANSM.
Ces derniers mois, la quétiapine, un important traitement psychiatrique utilisé dans les troubles bipolaires et la schizophrénie, subit d’importantes pénuries en France, avec des incertitudes sur l’horizon de reprise d’approvisionnement de cet antipsychotique. Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte plus large de pénuries de médicaments auxquelles les autorités sanitaires assurent tenter de riposter depuis plusieurs années.