dimanche, février 1
Mathieu Van der Poel lors des championnats du monde de cyclo-cross à Hulst aux Pays-Bas, le 1er février 2026.

Gagner les Championnats du monde de cyclo-cross est presque devenu une habitude pour Mathieu Van der Poel. Mais la victoire décrochée à Hulst, aux Pays-Bas, dimanche 1er février, aura sans doute une saveur particulière pour le Néerlandais. Devant son public, le coureur de 31 ans a décroché son huitième maillot arc-en-ciel dans la discipline depuis 2015, reléguant aux oubliettes la légende belge Eric De Vlaeminck et ses sept sacres entre 1966 et 1973. Une performance que seule une personne avait réalisée avant lui : sa compatriote Marianne Vos, titrée elle aussi à huit reprises (entre 2006 et 2022) et l’un des plus beaux palmarès du cyclisme.

Même si rien n’est jamais joué d’avance, le petit-fils de Raymond Poulidor, triple champion sortant, s’avançait comme le grand favori à sa succession. Il faut dire que depuis le début de la saison, il n’a, comme souvent ces dernières années, rien laissé à ses adversaires. Le 25 janvier, il s’est même adjugé le classement de la Coupe du monde pour la première fois depuis l’exercice 2017-2018, en n’ayant disputé que sept des douze manches de la compétition, avec à chaque fois une victoire à la clé. Il faut remonter à janvier 2024 pour trouver trace d’une défaite dans les sous-bois, avec une 5e place à Benidorm, en Espagne.

Il n’a pas fallu longtemps au coureur de la formation Alpecin Premier Tech pour prendre la tête de la course. Dès le premier tour, il s’est échappé avec son compatriote Tibor Del Grosso et le Belge Thibau Nys, prenant plus de quinze secondes d’avance sur le reste de leurs concurrents à leur premier passage sur la ligne.

Dans le deuxième tour, plus question de faire la course à trois : « MDVP » a fait parler sa vitesse, sa maîtrise et a passé les talus sur le vélo pour prendre la tête en solitaire. Puis il a creusé l’écart tout en restant prudent face aux difficultés, en particulier avec l’arrivée de la pluie dans l’ultime boucle. Il a finalement passé la ligne d’arrivée avec 35 secondes d’avance sur ses rivaux, sous les acclamations de son public. « C’est vraiment spécial pour moi. Quand j’ai commencé le cyclo-cross, mon rêve était de devenir champion du monde dans la catégorie élite au moins une fois, alors devenir l’homme le plus titré, c’est incroyable », a réagi le Néerlandais au micro des organisateurs à l’issue de la course, le visage encore couvert de boue.

Derrière lui, Tibor del Grosso et Thibau Nys n’avaient plus qu’un seul objectif : monter sur la deuxième marche du podium. Jusqu’au dernier moment, les deux hommes ont eu du mal à se départager. La course s’est décantée dans le dernier talus : le Belge n’a pas réussi à grimper jusqu’au sommet à vélo et a laissé son adversaire néerlandais filer vers la deuxième place, devant se contenter du bronze.

Un sacre en gravel et sur route

Le triomphe néerlandais aura été total ce week-end, puisque la veille, Lucinda Brand s’était offert la victoire chez les femmes – son deuxième sacre après 2021 –, devant ses compatriotes Ceylin Alvarado et Puck Pieterse. Le quatrième podium 100 % Oranje de rang chez les dames ; le sixième depuis 2020. La Française Amandine Fouquenet, elle, a terminé 5e.

Onze ans sépare ce huitième titre de Mathieu Van der Poel de son tout premier, à Tabor, en République tchèque en 2015. A 20 ans et 14 jours, il était alors devenu le plus jeune coureur de l’histoire à s’adjuger le sacre planétaire en cyclo-cross. A la lutte avec son « meilleur ennemi », le Belge Wout van Aert, il a dû attendre 2019 avant d’endosser à nouveau la tunique arc-en-ciel. Depuis, il ne l’a cédée qu’au Britannique Tom Pidcock, en 2022, quand il avait été contraint d’écourter sa saison dans les sous-bois à cause de problèmes récurrents au dos.

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Plus impressionnant encore, le Néerlandais jongle avec succès depuis plusieurs années entre les disciplines. Outre le cyclo-cross, il s’est offert un titre mondial en gravel en 2024 et en cyclisme sur route en 2023. Le leader de la formation Alpecin-Premier Tech peut aussi se targuer d’avoir à son palmarès huit Monuments – les courses d’un jour les plus prestigieuses du calendrier sur route –, où il apparaît comme le seul véritable rival de l’ogre slovène Tadej Pogacar.

Lire aussi (2024) | Mathieu Van der Poel donne un coup de projecteur sur le gravel en devenant champion du monde de la discipline

Un duel auquel il pourrait bien se consacrer les prochaines saisons. Lors d’une conférence de presse, un peu plus tôt dans la semaine, Mathieu Van der Poel a glissé qu’en cas de titre, ces Championnats du monde à domicile pourraient être son dernier tour de piste dans les sous-bois. Sans se montrer toutefois complètement définitif. « Ne vous méprenez pas : j’adore toujours le cyclo-cross. Mais ça doit bien s’arrêter à un moment donné. Et j’ai toujours espéré prendre ma retraite au sommet de ma gloire. »

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