Sa peau est cramée, vraiment. Cramoisie. Ses lunettes Gucci n’y peuvent rien, si authentiques qu’elles semblent toc : le soleil qui s’y reflète a gagné, tout brûlé. L’image de cette femme ouvre l’exposition de Martin Parr (1952-2025), qui attire déjà les foules au Jeu de Paume, quelques jours après son vernissage. Avec son collier doré au cou, elle pétrifie le visiteur, méduse dont les mèches grises se déploient en aura sur sa serviette de plage. Orange, la serviette ; mais moins que son épiderme.
Voilà une des photographies les plus terribles, sans doute, du caustique Britannique. Difficile à regarder, tant tout y sature. Le pire ? C’est qu’elle a été réalisée dans le cadre d’une commande publicitaire de la marque de lunettes précitée. Tout le talent de Parr se résume là, dans ce premier cliché : il pose un regard implacable sur le monde, et surtout nos dérives, avec un air de ne pas y toucher. « Un humour incisif, une moquerie douce-amère, au service d’une observation critique, indirecte, mais profonde », résume Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume, dans le catalogue paru aux éditions Phaidon.
Durant toute l’année 2025, ce dernier a accompagné Martin Parr, qui semblait très attaché à cette exposition, pressentant qu’elle serait la dernière. Ensemble, ils en ont choisi chaque cliché, écumant cinq décennies de production. Et jusqu’à la veille de sa mort, en décembre 2025, le photographe échangeait avec l’équipe. De là à considérer cet accrochage comme son testament ? C’est pour le moins un coup de semonce, comme le souligne son titre : « Global Warning ». Soit un avertissement global sur ce réchauffement climatique qui menace chaque jour un peu plus la planète.
Il vous reste 77.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




