- Coups, insultes, dénigrement… Le harcèlement scolaire continue à toucher de nombreux élèves dans les cours de récréation.
- L’auteure-compositrice Laure Desbre choisit la musique pour faire passer des messages.
- Dans les classes, les refrains aident les enfants à s’exprimer.
Suivez la couverture complète
Le fléau du harcèlement scolaire
En France, le harcèlement scolaire s’aggrave. De plus en plus de familles de jeunes enfants dressent ce sombre constat. À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, ce jeudi 6 novembre, l’Association Sœur Emmanuelle rapporte que dans une famille sur trois, un enfant a déjà subi du harcèlement. Ce sondage Odoxa, mené auprès de plus de 1.000 parents et grands-parents d’enfants âgés de 6 à 15 ans, montre qu’un tiers des enfants n’ont pas osé en parler. Le harcèlement peut durer jusqu’à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Résultat : près de la moitié des enfants souffrent d’anxiété, d’autres se retrouvent en décrochage scolaire et d’autres encore éprouvent des troubles du sommeil ou de l’alimentation. Des enfants présentent des symptômes dépressifs, alertent de trop nombreuses familles qui se disent démunies face à la complexité du cyberharcèlement. Elles expriment le besoin d’être mieux accompagnées.
La musique peut tracer une voie de sortie pour les enfants victimes de harcèlement ou de violence. L’auteure et compositrice Laure Desbre, elle-même ancienne professeure des écoles, dévoile « Marre des Histoires » (nouvelle fenêtre). Cette chanson douce et lumineuse s’adresse aux enfants dès la maternelle. En quelques couplets, elle aborde avec justesse les moqueries, les peurs et la force de l’amitié. « Je porte un message universel, simple et accessible, pour apprendre aux plus jeunes à parler, à écouter, et à tendre la main »
, confie l’artiste à TF1info. Le rythme entraînant propose une mélodie facile à retenir : « Je me suis fait pousser à la récré, mais quelqu’un va m’aider et je vais tout oublier. »
« Mes amis m’ont aidé et soutenu et ça m’a ému »
En maternelle et à l’école primaire, les professeurs utilisent cette chanson en classe en cours d’éducation artistique et culturelle. Cette chanson s’accompagne d’un livret pédagogique illustré : « Les enseignants utilisent le cinéma, la photographie ou le dessin pour permettre aux enfants de s’exprimer. Je me suis aperçu qu’il manquait quelque chose pour les plus petits. 90% des enfants entendent qu’il faut ne pas se laisser faire… Beaucoup ont honte d’en parler. Le prisme des chansons permet de libérer la parole »
, raconte l’autrice compositrice. « Mes amis m’ont aidé et soutenu et ça m’a ému. Il n’y a plus d’histoire, elles vont sortir de ma mémoire »
. « Dans cette chanson, j’explique que le harcèlement se répète et ancre les idées dans la tête. Dans la partie parlée, je leur assure qu’il suffit juste d’aider un copain pour qu’il se sente mieux. »
L’enseignante connaît bien les cours de récréation pour les avoir arpentés pendant quinze ans. Elle a également composé « Ne te laisse pas embêter » destinée aux élèves plus grands. La vidéo totalise plus de 100.000 vues sur les réseaux sociaux et des centaines d’écoles l’ont reprise : « Je parle de choses plus dures. Je crée des chansons avec les élèves. On trouve des mots, des phrases et des rimes en parlant ensemble. »
Le pouvoir de la musique aide les enfants à se livrer en public. Y compris chez les harceleurs. L’artiste se remémore d’une intervention en Martinique : « Nous avons passé cette chanson dans une classe. Un garçon a levé le doigt en disant qu’il tapait pour évacuer beaucoup de colère qu’il avait en lui. Des camarades l’ont alors soutenu. L’école a enquêté et s’est rendu compte qu’il subissait de la violence chez lui ».












