Un juge fédéral a ordonné mardi 31 mars la suspension de la construction de la salle de bal voulue par Donald Trump à la Maison Blanche, un revers pour le président républicain qui souhaite imprimer sa marque sur les monuments américains.
« Le président des États-Unis est le gardien de la Maison Blanche pour les futures générations de familles présidentielles. Il n’en est toutefois pas le propriétaire! », a écrit le juge Richard Leon dans sa décision, précisant que le projet nécessitait l’accord du Congrès. « Il n’est pas trop tard pour que le Congrès autorise la poursuite de la construction du projet de salle de bal. Le président peut à tout moment demander au Congrès de lui donner expressément l’autorisation de construire une salle de bal et de le faire sur des fonds privés », souligne le juge.
Le magistrat suspend néanmoins pour deux semaines l’entrée en vigueur de sa décision, compte tenu de l’intention du gouvernement de faire appel, ce qu’il a fait un peu plus tard dans l’après-midi.
Le juge accorde ainsi satisfaction à une demande de la National Trust for Historic Preservation (NTHP), une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques. La NTHP avait saisi la justice en décembre, accusant l’administration Trump de ne pas avoir respecté les exigences légales en matière d’enquête publique, ni obtenu l’autorisation du Congrès pour ce projet.
Une aile entière de la Maison Blanche rasée au bulldozer
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump reproche à la NTHP, qu’il traite de « groupe de tarés extrémistes de gauche », de lui intenter une action en justice pour « une salle de bal qui coûte moins que le budget prévu, est en avance sur les plans, construite à un coût nul pour le contribuable et sera le plus beau bâtiment au monde de ce genre ».
Il lui reproche également de contester en justice sa rénovation du Kennedy Center, salle de spectacle emblématique de Washington que Donald Trump a fait renommer « Trump-Kennedy Center » plutôt que de se préoccuper de projets conduits par ses bêtes noires, comme le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell, ou le gouverneur de Californie, Gavin Newsom.
En octobre, le président républicain a fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour y construire une salle de bal censée accueillir jusqu’à 1 000 personnes, pour des réceptions diverses et des dîners en l’honneur de dignitaires étrangers. Le projet, l’un des plus ambitieux menés sur ce célèbre site depuis plus d’un siècle, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Son budget prévisionnel, financé par des dons privés, est passé de 200 millions à 400 millions de dollars.
Avec AFP




