lundi, janvier 26

D’un naturel distrait, Amanda Hess avait déjà l’habitude de documenter son cycle menstruel au moyen de Flo, une application qui lui permettait de savoir quand elle aurait ses règles et d’anticiper ses variations d’humeur. Quand elle est tombée enceinte, elle a entré le résultat du test de grossesse dans l’application avant même d’en parler à son époux. À ce stade, “il y avait plus de marques que de personnes au fait de ma grossesse”, relève-t-elle. Résultat, “au bout de deux jours, l’algorithme la pressait déjà avec des [publicités pour des] vêtements de grossesse”, écrit De Standaard Weekblad.

Comme elle le raconte dans son livre Second life. Having a Child in the Digital Age [“Une deuxième vie. Avoir un enfant à l’époque numérique”, non traduit], la journaliste américaine a suivi sa grossesse à l’aide de cette application qui la renseignait sur les différentes étapes de croissance du fœtus. Après son accouchement, elle s’est aidée d’une autre app pour mesurer sa lactation et de Snoo, un berceau connecté pensé pour calmer l’enfant tout en détectant d’éventuels problèmes respiratoires.

Intrigué, le magazine belge De Standaard Weekblad consacre sa couverture à l’expérience de la jeune femme sous le titre : “App, B, C : de la grossesse à l’époque numérique”.

Comme un jeu vidéo

Au fil de cet ouvrage “drôle, nuancé et extrêmement bien écrit”, rapporte l’hebdomadaire, Amanda Hess relève les biais de ces applications et la façon dont ils influent sur la perception des futurs parents. “Flo est très prescriptive, elle part du principe que vous êtes enchantée d’être enceinte et parle du fœtus comme si c’était déjà un bébé, raconte Amanda Hess. Elle vous montre une sorte d’image de synthèse d’un fœtus que l’on voit grandir et changer.”

“Même si, rationnellement, je savais que ce n’était qu’une image qui était présentée à des millions d’autres femmes, j’ai commencé à percevoir ce petit être comme mon bébé.”

Alors, quand, vers la fin de sa grossesse, les médecins ont détecté une anomalie génétique, “je me suis sentie trahie par l’app”, se souvient-elle.

[…] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Share.
Exit mobile version