- Attendu au Salon de l’agriculture ce mercredi, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen annonce à l’AFP une aide conséquente au secteur viticole français.
- « On a libéré 40 millions d’euros de la réserve agricole, pour permettre à la France la distillation de crise », déclare-t-il.
- De quoi accompagner une industrie dont les exportations ont reculé de 8% en valeur en 2025.
Il parle d’une « grande annonce pour le secteur du vin »
. Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen révèle que l’Union européenne s’apprête à débloquer une aide pour soutenir la filière viticole française. « On a libéré 40 millions d’euros de la réserve agricole, pour permettre à la France la distillation de crise, ce qui va enlever des volumes du marché
» et aider à stabiliser les prix, explique-t-il à l’AFP ce mercredi 25 février en amont de sa visite mercredi au Salon de l’agriculture à Paris.
Exportations en baisse, météo délicate
Concrètement, ce mécanisme de « distillation de crise »
permet en cas de surproduction de convertir des stocks excédentaires de vin en alcool réservé à un usage industriel, le tout financé par l’UE. La filière française du vin avait demandé une telle mesure, tout en chiffrant de son côté ses besoins à 80 millions d’euros, face à une baisse tendancielle de la consommation hexagonale, couplée à un recul des exportations lié aux batailles commerciales avec les États-Unis et la Chine.
Les ventes mondiales de vins, champagnes, cognac et autres alcools français ont atteint 14,3 milliards d’euros l’an dernier. Si elles représentent toujours le troisième excédent commercial de la France après l’aéronautique et les cosmétiques, elles sont en recul depuis trois ans. Les exportations de vins et spiritueux français ont ainsi chuté de 8% en valeur en 2025. Dans le détail, celles concernant uniquement le vin ont baissé de 3% pour atteindre 121 millions de caisses.
Les ventes au ralenti et la sécheresse à répétition ont aussi un autre effet dévastateur sur le secteur. Certains viticulteurs sont contraints d’arracher certaines de leurs parcelles face à la baisse de rentabilité de leurs exploitations. Au salon du vin au début du mois à Paris, certains s’interrogeaient même sur l’avenir de la filière. « Ces vignes qu’on arrache, il faudra 10 ans avant de les replanter et peut-être 15 ans avant qu’elles ne redonnent du vin. On a cassé en deux ans une génération de travail. Et dans cinq ans, on manquera de vin dans le monde »
, avançait sur TF1 Olivier Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier et président des Crus Classés de graves.




