mercredi, mars 25

  • Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique annoncent « une réforme des règles de gestion de la prédation du loup ».
  • Le nombre maximum de loups pouvant être abattus a été porté à 227 contre 192 auparavant, par un arrêté paru mardi au Journal officiel.
  • Les éleveurs sont également autorisés à « opérer un tir de défense pour défendre leur élevage ».

Annoncée en janvier sous la pression des syndicats agricoles, la mesure entre en application ce mardi 24 février. Le gouvernement annonce « une réforme des règles de gestion de la prédation du loup » afin de « faciliter la défense des élevages tout en assurant le maintien de l’espèce en bon état de conservation ». Le nombre maximum de loups pouvant être abattus est ainsi porté à 227, soit 21% de la population estimée en France, contre 192 auparavant, soit 19%. 

« Il pourra être porté à 23% en cours d’année, selon la pression de prédation constatée et l’atteinte du plafond (soit 248 loups au total, donc 56 de plus qu’en 2025) », précisent les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique dans un communiqué. Les éleveurs sont désormais autorisés à « opérer un tir de défense pour défendre leur élevage, que ce dernier bénéficie déjà de mesures de protection ou non ».

S’il faut aller plus loin, il faudra modifier la loi

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture

« Nous proposons ici une évolution des règles pour renforcer l’efficacité de la défense des troupeaux, et simplifier la vie des éleveurs, qui ont d’autres priorités que de remplir des papiers administratifs », déclare la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Il n’est ainsi plus nécessaire d’obtenir une autorisation pour un tir de défense d’un troupeau dans certaines zones particulièrement exposées. Une déclaration préalable au préfet est désormais suffisante alors qu’il fallait avant obtenir une autorisation préfectorale. La procédure pour les « tirs de prélèvement », c’est-à-dire indépendamment de l’attaque d’un troupeau en cours, a également été allégée.

« Certains assouplissements réglementaires mentionnés ci-dessus (comme ceux sur les tirs de prélèvement, ou ceux sur l’envoi de la brigade mobile d’intervention) sont conditionnés à un engagement par l’éleveur de recourir à des mesures de protection dans les douze mois », insiste le gouvernement. « Dans la majorité des territoires, l’indemnisation des bêtes tuées cessera à partir de la troisième attaque si le professionnel n’a pas protégé son élevage, ou commencé à le faire« , ajoute-t-il. L’abattage « de loups dans le milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux« , est toujours interdit, mais l’arrêté supprime le loup de la liste française des mammifères terrestres protégés, fixée en 2007.

Plusieurs organisations dont la FNSEA, le premier syndicat agricole, ont salué « une première réponse » mais jugent ces mesures « dérisoires face aux dégâts enregistrés chaque année ». Les attaques ont grimpé de 10% en 2025, pour atteindre 4.441. Le nombre de victimes, principalement des ovins, a lui bondi de 15,1%, soit 12.927 bêtes tuées. Malgré la hausse du plafond d’abattage, les organisations, dont la Fédération nationale ovine, jugent ce quota toujours trop bas, « sans impact sur le niveau de dégâts ». Annie Genevard assure « avoir procédé à toutes les simplifications possibles ».  Mais reconnaît que « s’il faut aller plus loin, il faudra modifier la loi ».

La rédaction de TF1info avec AFP

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