jeudi, février 12

Déménagement

« “Tu rentres à la maison.” Vu mon état, je n’ai même pas la force de protester contre cet ordre de ma mère. Car c’est bien un ordre, pas une suggestion. Autour de moi, c’est le bazar. Tout est sale. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? A 20 ans, je suis complètement perdu.

Mon départ du domicile familial, deux ans auparavant, était pourtant inévitable. Je ne supportais plus de vivre avec mes parents, nos relations étaient trop tendues et conflictuelles. Alors, dès ma majorité, j’ai fui cette vie sur une jolie péniche en périphérie parisienne pour une nouvelle, plus indépendante. Après quelques recherches, je finis par trouver un appartement dans l’est de la capitale. En apparence, ce 25 mètres carrés au rez-de-chaussée a tout pour plaire. Bien qu’un peu sombre, l’espace dispose d’une grande fenêtre, offrant un accès à la cour. Une machine à laver est disposée dans un coin. Les voisins sont sympas. Mon gros pouf Ronflex [nom d’un personnage Pokémon] trône dans la pièce, à côté d’un vieux canapé-lit abîmé et troué. Quelques meubles Ikea – que j’ai montés seul – ordonnent l’endroit.

Rapidement, je me sens très isolé. Mes amis habitent à plus d’une heure de chez moi, on ne se voit pratiquement plus. Pour compenser, j’adopte Sephira, une jeune chatte aux poils blancs, noirs et roux. Je m’attache vite à ce petit animal très affectueux, qui devient un de mes rares remparts contre la solitude.

Un ami de la fac me présente son groupe d’amis. Ils n’habitent pas à Paris, alors nous échangeons sur Discord. Chaque soir, en rentrant de mon école de cinéma, j’allume mon ordinateur et me connecte au groupe, composé de 12 personnes. J’ai l’impression que ça m’aide, je ne m’ennuie plus. Mais, en réalité, je deviens addict aux jeux vidéo. Petit à petit, je n’étudie plus, et mon année scolaire vire à l’échec.

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