lundi, août 17

À peine sortie de prison à la suite d’une grâce présidentielle à l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, le 11 août dernier, l’emblématique opposant à Déby père et fils s’est remis sous les projecteurs de l’actualité. Dans une conférence de presse tenue le 15 août, il appelle à la collaboration avec le gouvernement [du président tchadien] Mahamat Déby et invite ce dernier à former un gouvernement d’union nationale.

Carte du Tchad. COURRIER INTERNATIONAL

Carte du TchadCOURRIER INTERNATIONAL

Quand on connaît le parcours politique d’à peine huit ans de cet économiste technocrate, en passe de souffler ses 43 bougies, cet appel est une demi-surprise. En effet, c’est à croire que depuis qu’il a démissionné de la Banque africaine de développement (BAD) pour s’engager dans la politique en créant le parti Les Transformateurs (juin 2018), Succès Masra est abonné à de spectaculaires revirements comme s’il jouait avec Déby père et maintenant avec Déby fils à « je t’aime moi non plus » [Masra s’était opposé à Idriss Déby Itno en contestant notamment sa candidature à la présidentielle de 2021. Il avait lui-même été empêché de se présenter après une révision constitutionnelle fixant l’âge minimum pour tout candidat à 45 ans, au lieu de 35 ans auparavant].

Aux marges du pouvoir

Pour rappel, dès 2019, Succès Masra appelait le président Idriss Déby Itno à un dialogue national. Confronté à un refus catégorique et à la répression des militants et des activités de son parti, il menaça de rendre le pays ingouvernable. Il échappa alors à une première tentative d’arrestation en se réfugiant début 2021 à l’ambassade américaine à N’Djamena. Il en sortira pour rencontrer Idriss Déby Itno le 16 mars pour lui demander de renoncer à l’élection présidentielle prévue en avril 2021.

Peine perdue. Idriss Déby Itno est réélu avant d’être assassiné [Il est mort des suites de blessures reçues au combat, lors d’une offensive rebelle dans le nord du Tchad, le jour même de l’annonce de sa réélection pour un sixième mandat] le 20 avril de la même année. Succès Masra dénonce alors la création du Conseil militaire de Transition (CMT) et la désignation de Mahamat Déby Itno, chef de l’État, comme un coup d’État [créé après le décès de Déby père, cet organe a dirigé le pays, avec à sa tête Déby fils, pour assurer la transition politique. Il rédige la nouvelle Constitution]. Il appelle plutôt à la création d’un « collège consensuel de gouvernement » et convoite le poste de Premier ministre ou tout le moins d’y participer avec d’autres personnalités de l’opposition.

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