lundi, mars 9

Faut-il y voir une nouvelle étape du timide réchauffement des relations entre la France et l’Algérie ? Les députés algériens ont approuvé, lundi 9 mars, une version amendée de la loi criminalisant la colonisation française, dans laquelle ne figurent plus les exigences d’excuses officielles et de réparations généralisées.

L’article demandant des compensations pour les victimes des essais nucléaires français en Algérie reste en revanche inchangé.

La législation, votée fin décembre à l’Assemblée populaire nationale (la chambre basse du Parlement) sous les vivats des députés, fait porter à l’État français « la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu’il a engendrées ».

Mais le Conseil de la nation – chambre haute du parlement algérien – avait émis des réserves en janvier, notamment sur les clauses concernant les excuses et les réparations.

Le rapporteur de la commission paritaire chargée d’amender le texte, Faouzi Bendjaballah, a expliqué les modifications par « la position de principe et inébranlable de l’État algérien » : « l’Algérie, qui a sacrifié des millions de martyrs pour sa liberté, son indépendance et sa souveraineté, ne bradera jamais sa mémoire ni sa souveraineté contre quelque avantage matériel que ce soit ».

Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a par le passé déclaré que l’Algérie réclamait « la reconnaissance (par la France) des crimes commis dans le pays », pas une « compensation financière ».

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Amorce de dégel

Le nouveau texte qualifie en outre de trahison, et non plus de « haute trahison », la « collaboration des harkis » (auxiliaires algériens de l’armée française).

La question de la colonisation française en Algérie demeure l’une des principales sources de tensions entre Paris et Alger.

La conquête de l’Algérie, à partir de 1830, a été marquée par des tueries massives et la destruction de ses structures socio-économiques, ainsi que par des déportations à grande échelle, selon des historiens.

De nombreuses révoltes ont été réprimées avant une sanglante guerre d’indépendance (1954-1962) qui a fait 1,5 million de morts algériens selon l’Algérie, 500 000 dont 400 000 Algériens selon les historiens français.

L’Assemblée populaire nationale avait voté la loi sur la criminalisation de la colonisation en pleine crise diplomatique entre les deux pays, à la suite de la reconnaissance, à l’été 2024, par la France d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.

Les relations bilatérales restent tendues mais ont connu une amorce de dégel en février, avec une visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez.

Avec AFP

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