dimanche, août 30

Les électeurs islandais ont tranché. Lors du référendum organisé la veille, ils ont rejeté à 52,8 % la reprise des négociations avec l’Union européenne (UE) en vue d’une future adhésion, rapporte RUV ce 30 août. Le diffuseur public islandais précise que 105 399 personnes ont voté « oui » et 118 040 « non ». Avec 82,5 %, il s’agit du scrutin ayant enregistré le plus haut taux de participation depuis 2009 sur l’île.

Dans le détail, la capitale Reykjavik « a voté ‘oui’, tandis que les résultats définitifs dans le sud et le nord-ouest ont largement penché en faveur du ‘non’, révélant ainsi une nette division géographique » dans ce pays peuplé d’environ 400 000 habitants, souligne le magazine Iceland Review.

COURRIER INTERNATIONAL

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Lancés en 2009, les pourparlers entre l’Islande et l’UE avaient été interrompus en 2015 par le gouvernement de l’époque, dominé par les eurosceptiques. Le gouvernement actuel, dirigé par la sociale-démocrate Kristrun Frostadottir, avait décidé au printemps dernier, avec l’aval du Parlement, d’organiser un référendum dès cet été. Il espérait ainsi pouvoir relancer les négociations d’ici à la fin de l’année, sur fond de craintes liées à la guerre en Ukraine et aux velléités de Donald Trump sur le Groenland voisin.

Importance stratégique

Pour le Financial Times, ce résultat est « un coup porté aux efforts de Bruxelles visant à rapprocher cet État arctique d’une importance stratégique ». Le quotidien britannique observe que le contexte géopolitique n’a pas suffi « à ébranler la conviction profondément ancrée chez de nombreux Islandais selon laquelle la prospérité et la sécurité du pays dépendent du maintien de son indépendance ».

« Les partisans du ‘oui’ ont avancé des arguments économiques, affirmant que l’adhésion à l’euro permettrait de faire baisser une inflation qui avait atteint des niveaux records », relève aussi le site spécialisé Euractiv, mais le « non » a finalement « convaincu davantage d’électeurs en insistant lourdement sur ce que l’adhésion à ce bloc de 27 pays pourrait signifier pour la souveraineté nationale, les entreprises et le secteur très prisé de la pêche ».

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