dimanche, février 1

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé samedi soir qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des Etats-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie.

« La République islamique d’Iran n’a jamais recherché et ne recherche en aucun cas la guerre, et elle est profondément convaincue qu’une guerre ne serait dans l’intérêt ni de l’Iran, ni des États-Unis, ni de la région », a déclaré le président Pezeshkian lors d’un appel avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, rapporté par la présidence iranienne.

Alors que le président américain Donald Trump entretient depuis plusieurs jours le doute sur une opération militaire contre Téhéran, M. Pezeshkian a assuré que « pour la République islamique d’Iran, le règlement des différends par la diplomatie a toujours été prioritaire ».

Le Premier ministre et chef de la diplomatie qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, s’est rendu samedi à Téhéran, selon le ministère des Affaires étrangères.

A l’occasion d’une rencontre avec Ali Larijani, secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, le dirigeant qatari a « réaffirmé le soutien de son pays aux efforts visant à réduire les tensions et à trouver des solutions pacifiques assurant la sécurité et la stabilité de la région », a précisé le ministère sur X.

Donald Trump a déclaré samedi que l’Iran conversait avec les Etats-Unis, sans toutefois donner de précisions. L’Iran « nous parle, et nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose », a affirmé le président américain à la chaîne Fox News.

Ces signes d’apaisement interviennent alors que le président américain avait affirmé vendredi que l’Iran voulait « conclure un accord » sur le nucléaire, ajoutant qu’il avait fixé à Téhéran un ultimatum sans donner plus de détails.

Ils font suite à des déclarations nettement plus offensives du chef de l’armée iranienne Amir Hatami, affirmant que les forces armées iraniennes sont « en état d’alerte maximale » face à une éventuelle attaque américaine.

Depuis la vague de contestation réprimée début janvier dans le sang par le pouvoir iranien, Donald Trump a multiplié les avertissements tout en soufflant le chaud et le froid, et a déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.

Ces menaces entretiennent un climat de fébrilité en Iran. Une explosion survenue samedi dans un immeuble résidentiel de Bandar Abbas, un port du sud de l’Iran sur le Golfe, est restée inexpliquée plusieurs heures avant que les pompiers n’annoncent qu’il s’agissait d’une fuite de gaz.

– Exercice naval –

Tout en se disant ouvert au dialogue, l’Iran, « doigt sur la gâchette », a déjà averti que de « nombreuses » bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens.

Il a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Les Gardiens de la Révolution vont y mener à partir de dimanche « un exercice naval de tir réel de deux jours », a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), mettant en garde contre « tout comportement dangereux » à proximité des forces américaines.

– Khamenei prie à Téhéran –

La pression est aussi montée ces derniers jours avec l’inscription par l’UE sur la liste des « organisations terroristes » des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique accusée d’avoir orchestré la répression des manifestations. Une décision qualifiée d' »insensée » par Téhéran.

Alors que des analystes n’excluent pas le fait que les Etats-Unis veuillent éliminer les plus hauts dirigeants iraniens, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran.

Dans des images publiées sur son site officiel, M. Khamenei, qui ne s’était pas montré en public depuis le 17 janvier, apparaît en train de prier.

Sorti affaibli de la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a étouffé les récentes manifestations, initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en défi au pouvoir.

Plus de 6.500 personnes, dont 6.170 manifestants et 124 enfants, ont été tuées en Iran, d’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis et qui enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires.

Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des « émeutiers ».

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