Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst
En Chine, il y a eu un basculement rapide, presque contraint, autour de la gestion des déchets, dans un pays où la pression urbaine est extrême. Pour Xu Haiyun, ingénieur en chef à l’Académie chinoise d’urbanisme et de conception, l’incinération s’est imposée comme une nécessité :
« Dans de nombreuses villes de l’est, il n’y avait tout simplement plus de terrain disponible : elles étaient confrontées à ce que le gouvernement appelait un « état de siège des ordures ». Le coût total est inférieur à celui de la mise en décharge, son impact est moindre que celui de la mise en décharge et cela permet de valoriser les ressources. »
Xu Haiyun explique que la chaleur produite par l’incinération peut, par exemple, servir à produire de l’électricité. Un modèle aujourd’hui largement dominant, souvent présenté comme plus propre et plus efficace. Mais derrière la promesse énergétique, la réalité est plus nuancée. « La valorisation énergétique des déchets ne s’inscrit pas vraiment dans la transition énergétique : l’énergie n’est qu’un sous-produit, explique cet ingénieur. L’objectif premier reste de se débarrasser des déchets. »
La contrainte de traiter des volumes massifs d’ordures
Ces infrastructures répondent d’abord à une contrainte : traiter des volumes massifs d’ordures, plus qu’à produire de l’électricité. Mais à force d’investissements, certaines régions se retrouvent en surcapacité : « Environ 10% des usines d’incinération ne reçoivent pas assez de déchets et fonctionnent à faible capacité. Cela représente plus de 100 installations. »
Un phénomène qui révèle un paradoxe : ces usines, censées réduire les déchets, dépendent en réalité de leur abondance pour fonctionner. Un déséquilibre qui pose déjà une nouvelle question : que faire quand même les déchets viennent à manquer ?
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