
L’incendie criminel qui a partiellement détruit le collège Jean-François-Champollion de Dijon en décembre 2025 était « bien un acte de représailles » après des opérations contre le narcotrafic dans le quartier, a déclaré, jeudi 22 janvier, le procureur Olivier Caracotch.
Le feu « a bien été diligenté après l’action très résolue » des forces de l’ordre visant à « éradiquer le trafic des stupéfiants », a ajouté Olivier Caracotch, en annonçant à la presse la mise en examen d’une jeune femme de 27 ans, et la présentation à un juge de quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans. Le procureur de Dijon a étayé ses propos par le fait que, « parmi les quatre mineurs, deux ont été recrutés pour travailler sur un point de deal ».
Dès le lendemain de l’incendie, le 13 décembre vers 1 heure du matin, les autorités avaient évoqué « un lien » avec « les succès policiers en matière de lutte » contre le narcotrafic. Lors d’un déplacement sur les lieux, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait promis que l’Etat ne se laisserait pas « intimider » et ne « lâcherait rien » dans sa « guerre » contre le narcotrafic.
Le quartier classé prioritaire des Grésilles, connu pour abriter plusieurs points de deal, a déjà été le théâtre de plusieurs incendies en 2025 : une salle polyvalente en juillet ; une médiathèque en février et mars ; un centre de formation en février. Tous ces actes sont supposés être liés au narcotrafic.
« Recrutés sur les réseaux sociaux » et « rémunérés »
La nuit de l’incendie du collège Champollion, six personnes ont été filmées par les caméras de vidéosurveillance de l’établissement « mettant le feu » à du carburant qu’elles avaient apporté, a expliqué le procureur.
Des images ont permis d’en suivre quatre « jusqu’à ce [qu’elles] enlèvent leurs masques », permettant ainsi de les identifier. Parallèlement, deux traces ADN ont été relevées sur des objets laissés dans le collège : l’une appartient à l’un des individus filmés et une autre est celle d’une femme de 27 ans, a-t-il détaillé.
Ces cinq personnes ont donc été interpellées mardi matin dans l’agglomération dijonnaise. Les mineurs, deux de 16 ans, un de 17 et un dernier de 15, « ont reconnu leur participation à l’incendie » et expliqué avoir été « recrutés sur les réseaux sociaux et rémunérés » par une personne qui leur avait donné « une liste de bâtiments publics » à incendier.
La femme de 27 ans a été mise en examen jeudi matin pour « association de malfaiteurs dans le but de commettre un crime » et les mineurs étaient jeudi après-midi en cours de présentation à un juge en vue de leur mise en examen de ce même chef et pour « destruction de bien par incendie commise en bande organisée ».
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Le collège Jean-François-Champollion, qui scolarise près de 500 élèves, a été partiellement détruit par l’incendie. Début janvier, ses élèves ont tous pu effectuer leur rentrée, soit dans les bâtiments indemnes, soit dans des classes du lycée voisin.




