Le bal des résultats des grandes banques américaines s’est ouvert, mardi 13 janvier, au son d’une petite musique maussade. Non pas que les comptes soient décevants. J.P. Morgan, première en piste, a engrangé en 2025 un bénéfice net de 57 milliards de dollars (49 milliards d’euros). Le géant bancaire a gagné, en un an, à peine moins que la valeur de la Société générale en Bourse. Les investisseurs lui pardonneront d’avoir égaré 1,5 milliard de dollars de profits par rapport à 2024.

La mauvaise ambiance résulte de l’activisme récent de la Maison Blanche. Les menaces de poursuites judiciaires contre Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed), perçues comme une atteinte à l’indépendance de la banque centrale américaine, inquiètent fortement Wall Street. « Tout ce qui pourrait nuire à cette indépendance n’est probablement pas une bonne idée. A mon avis, cela aura des conséquences inverses. Cela augmentera les anticipations inflationnistes et probablement les taux d’intérêt à terme », a lâché Jamie Dimon, le PDG de J.P. Morgan, interrogé lors de la présentation de ses résultats, peu désireux, toutefois, de s’étendre sur ce sujet sensible au moment où un bras de fer se profile avec le très chatouilleux président américain.
Car Donald Trump, soucieux de remonter dans les sondages en redonnant du pouvoir d’achat aux ménages américains, s’est rappelé qu’il avait fait campagne, en 2024, en appelant à une limitation à 10 % du taux que les banques appliquent sur les cartes de crédit. Il leur demande désormais de se conformer à cette règle à partir du 20 janvier.
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