- L’historien et résistant juif sera panthéonisé le 23 juin, soit 82 ans après son exécution par la Gestapo en 1944.
- Ce professeur s’était engagé dans la résistance vers les années 1942-43, avant d’être capturé, torturé et fusillé par les nazis.
Il recevra à son tour l’hommage de toute une nation. L’historien et résistant juif Marc Bloch fera son entrée au Panthéon le 23 juin, 82 ans après son exécution par la Gestapo en 1944, a fait savoir dimanche à l’AFP l’entourage d’Emmanuel Macron. En novembre 2024, lors d’un discours à Strasbourg à l’occasion des 80 ans de la libération de la capitale alsacienne, le chef de l’État avait annoncé sa panthéonisation (nouvelle fenêtre) « pour son œuvre, son enseignement et son courage »
.
Le président avait loué sa « lucidité cinglante qui nous frappe aujourd’hui encore »
, son « audace des mots et des idées qui se doubla du courage physique »
et sa « volonté française jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à l’assassinat par la Gestapo ».
La date du 16 juin avait été dans un premier temps pressentie pour son entrée au Panthéon, (nouvelle fenêtre) mais la cérémonie a dû être décalée de quelques jours en raison du G7 qui se tiendra à Évian-les-Bains (Haute-Savoie) du 15 au 17 juin.
Sa famille avait demandé à exclure « l’extrême droite » de la cérémonie
Issu d’une famille juive alsacienne, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université de Strasbourg de 1919 à 1936, Marc Bloch a renouvelé en profondeur le champ de la recherche historique en l’étendant à la sociologie, la géographie, la psychologie et l’économie. Capitaine et Croix de guerre en 1914-1918, de nouveau mobilisé en 1939, il s’était engagé dans la résistance au tournant des années 1942/43.
L’auteur de L’Etrange Défaite
, écrit en 1940 et publié après guerre, avait été arrêté à Lyon le 8 mars 1944, emprisonné et torturé à la prison de Montluc, à Lyon, puis fusillé le 16 juin avec 29 de ses camarades.
Dans une lettre au président de la République, consultée par l’AFP, sa famille avait demandé que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit
exclue de toute participation à la cérémonie
(nouvelle fenêtre)«
. « L’œuvre de ce patriote convaincu est profondément antinationaliste, construite contre le roman national et la réduction de l’histoire française aux frontières nationales »
, écrivent sa petite-fille Suzette Bloch et son arrière-petit-fils Matis Bloch, au nom des ayants droit.
Marc Bloch suivra ainsi l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter (nouvelle fenêtre), l’artisan de l’abolition de la peine de mort en France, qui est entré au Panthéon le 9 octobre dernier, date de la loi de 1981 abolissant la peine capitale. Depuis 2017, Emmanuel Macron a par ailleurs déjà panthéonisé l’écrivain Maurice Genevoix, la figure politique française et européenne Simone Veil, la star du music-hall Joséphine Baker et le résistant communiste d’origine arménienne Missak Manouchian.




