mercredi, août 19

Le groupe La France insoumise va mettre à l’agenda de sa « niche » parlementaire du 29 octobre une proposition de loi visant à abroger la réintroduction sous conditions de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone dans la loi d’urgence agricole, a annoncé ce mercredi 19 août sa présidente Mathilde Panot après avoir signé une tribune en ce sens dans Le Huffpost.

« Nous utiliserons notre niche parlementaire (ndlr, journée où LFI a la maîtrise de l’ordre du jour) pour abroger cette loi poison (…) L’année dernière, 2,2 millions de personnes avaient signé une pétition contre la réintroduction des néonicotinoïdes. L’Ordre des médecins, plusieurs sociétés savantes ont dit qu’il ne fallait pas reproduire le scandale, notamment du chlordécone et de l’amiante », a défendu Mathilde Panot sur France Inter.

La loi d’urgence agricole a été publiée mercredi au Journal officiel après sa validation par le Conseil constitutionnel.

« Accords de libre-échange » et « concurrence déloyale »

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel estime que les dérogations concernant la réintroduction temporaire des pesticides interdits – acétamipride pour la filière noisette et flupyradifurone pour les pommes, les cerises et les betteraves sucrières – relèvent de « l’intérêt général ».

Mais il assortit sa validation de deux réserves concernant la zone géographique où la dérogation est accordée et le délai donné à l’autorité sanitaire pour statuer.

« Le danger grave pour l’agriculture, ce ne sont pas les pesticides interdits. Les dangers graves pour l’agriculture, ce sont les accords de libre-échange que les macronistes ne cessent de signer. Et c’est le fait qu’on ne protège pas les agriculteurs d’une concurrence déloyale », a argumenté Mathilde Panot.

Le Conseil constitutionnel réitère dans sa décision que l’acétamipride et le flupyradifurone, un néonicotinoïde et un pesticide apparenté, « ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux, ainsi que des conséquences sur la qualité de l’eau et des sols et induisent des risques pour la santé humaine ».

Mais « le législateur a entendu permettre à certaines filières agricoles de faire face aux graves dangers qui menacent leurs cultures, afin de préserver leurs capacités de production et de les prémunir de distorsions de concurrence au niveau européen. Ce faisant, il a poursuivi un motif d’intérêt général », poursuit-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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