dimanche, mars 8

Encadrés dans la salle des mariages d’Uzerche (Corrèze), François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande semblent accuser le coup. Le maire communiste sortant, Jean-Paul Grador, secoue la tête. « Non », il n’aurait « jamais » imaginé connaître « ça » au moment de passer le relais, après trente ans d’engagement communal : pour la première fois de son histoire, la « perle du Limousin » devra compter avec une liste du Rassemblement national (RN) à un scrutin municipal.

Pour la première fois, le parti héritier du Front national, cofondé par Jean-Marie Le Pen, est en mesure de présenter des candidats dans cinq communes corréziennes : à Tulle, Brive-la-Gaillarde, Allassac, Saint-Pantaléon-de-Larche et Uzerche. Sans compter les bourgs où, sans être estampillées du logo à la flamme, des listes en partagent la couleur et les idées. « Nos anciens doivent se retourner dans leur tombe, soupire M. Grador, fils de résistant et ancien cheminot. La Corrèze, une terre martyre, une terre de résistance et d’accueil… On se croyait préservés. »

Le cadeau offert par l’opposition à Jean-Paul Grador pour la fin de son mandat, à Uzerche (Corrèze), le 27 février 2026.

Aussi inédite que vertigineuse sur ces terres modérées – où, historiquement, la gauche et le gaullisme sont les forces dominantes –, la percée du RN aux élections européennes et législatives de 2024 est encore dans toutes les têtes. « Chez nous, ils faisaient un petit 10 % [9 % aux législatives en 2017 et 15 % à celles de 2022]. En 2024, ils sont passés à 30 %. Des chiffres qu’on n’avait jamais vus par ici », lâche Catherine Chambras, première adjointe et candidate (sans étiquette) à la succession de M. Grador sur une liste de gauche. Une percée soudaine qui avait poussé l’ancien président François Hollande à se présenter dans la 1re circonscription – qu’il a remportée.

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