jeudi, février 19
L’exposition « La Marrade », au LAAC de Dunkerque (Nord), en octobre 2025.

Rien que le nom fait sourire. « La Marrade », exposition à la détonante scénographie violette − la couleur des suffragettes devenue couleur des luttes féministes −, se déploie dans les espaces utopiques du LAAC (Lieu d’art et action contemporaine), sorti de terre à Dunkerque (Nord) dans les années 1970 et grand ouvert sur le paysage. Le musée, qui s’attache depuis plusieurs années à féminiser ses collections comme ses expositions, a invité l’historienne de l’art Camille Paulhan, réputée pour son appétence pour les sujets incongrus et son humour, à explorer un champ peu abordé et contre-intuitif : la drôlerie et l’autodérision dans l’art des plasticiennes des années 1970, alors même que les militantes féministes de l’époque sont plutôt perçues comme revêches et agressives.

Pour ses recherches, la commissaire est remontée aux origines de la représentation du rire chez les femmes, et elle s’est intéressée au point de bascule qu’a représenté la deuxième vague féministe des années 1970 dans l’utilisation de l’humour au sein des luttes. Cette double investigation à la source du rire féminin offre une savoureuse entrée en matière. Du mythe gréco-romain de Baubô, renvoyant à l’obscénité, à l’épisode moralisant du rire de Sara dans la Bible, en passant par les caricatures du XIXe siècle, lorsque les féministes de la première vague réclament le droit de vote, les représentations de femmes riant ou faisant rire, dans l’art occidental, sont peu flatteuses.

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