
Nous sommes en septembre 2024. Mario Draghi, l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), alerte, dans son rapport, sur « l’avenir de la compétitivité européenne », sur les « vulnérabilités » du Vieux Continent. « Dans un monde géopolitiquement stable, nous n’avions aucune raison de nous inquiéter de l’augmentation de nos dépendances vis-à-vis de pays avec lesquels nous entendions rester amis », souligne l’ancien président du conseil italien. Il pense principalement au gaz russe, dont l’Europe peine à se détacher depuis que Moscou a déclaré la guerre à l’Ukraine en février 2022.
M. Draghi ne pouvait pas imaginer, qu’un an et demi après la publication de son rapport, une inquiétude encore plus vive viendrait des Etats-Unis, le plus grand ami de l’Europe. Les coups de boutoir de la politique de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025 – de la menace de fin du soutien militaire à l’Ukraine en février 2025, à la crise encore incandescente du Groenland – ont révélé l’extrême fragilité de l’Europe. Défense, spatial, télécoms, numérique, énergie, paiements… En cas de rupture avec son plus vieil allié, le Vieux Continent pourrait difficilement vivre sans les matériels et les technologies américains.
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