- Une marche « symbolique » ce samedi à Toulouse a réuni 80 personnes issues d’une intersyndicale agricole, composée entre autres de la Coordination rurale, de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs.
- Leur objectif est de réaffirmer leur opposition au Mercosur et à la gestion par le gouvernement des cas de dermatose nodulaire.
Suivez la couverture complète
Dermatose nodulaire, Mercosur : les agriculteurs mobilisés
Dans les rues de Toulouse, environ 80 manifestants défilent samedi 3 janvier lors d’une action « symbolique »
de l’intersyndicale agricole de Haute-Garonne. L’objectif ? Rappeler leurs revendications à propos de la politique d’abattage systématique de troupeaux entiers lors d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), exigée par le gouvernement pour des raisons sanitaires, et contre le Mercosur.
La démarche s’inscrit dans la suite du blocage de nombreux axes routiers, accompagné du déversement de tonnes de lisier et de déchets agricoles devant des préfectures un peu partout en France depuis mi-décembre. Cette fois-ci, les membres de cette intersyndicale ont voulu aller « à proximité des Toulousains pour leur expliquer »
leur démarche, détaille Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31.
On est contre l’abattage, et même si les vaches sont vaccinées, elles se font tuer
On est contre l’abattage, et même si les vaches sont vaccinées, elles se font tuer
Lydia Michel, agricultrice céréalière
Victoire, Tina, Clara…Les manifestants ont brandi dans les rues samedi plusieurs dizaines de croix portant les prénoms d’une partie des 106 vaches abattues en Haute-Garonne depuis le début de l’épidémie de DNC. Comme l’explique Luc Mesbah, cette manifestation a une visée avant tout « symbolique »
.
« On est contre l’abattage, et même si les vaches sont vaccinées, elles se font tuer. Ce n’est pas normal. On est aussi contre le Mercosur. L’État n’écoute rien, ils n’en ont rien à faire »
, regrette auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Lydia Michel, agricultrice céréalière de 54 ans, installée à Cintegabelle (Haute-Garonne).
L’intersyndicale est aussi synonyme de cohabitation entre les syndicats agricoles. Les bonnets jaunes de la Coordination rurale marchent au départ du palais de justice, aux côtés des casquettes rouges des Jeunes agriculteurs, des drapeaux de la FNSEA et de la Confédération paysanne. Tous se dirigent vers la préfecture, en passant par la place du Capitole.
Il faut les soutenir parce qu’ils crèvent
Il faut les soutenir parce qu’ils crèvent
Joëlle Fournier, secrétaire à la retraite
Arrivés à l’hôtel de ville, les manifestants ont entonné la Marseillaise a cappella
avant d’observer une minute de silence face à la statue d’une vache remorquée par un petit tracteur orange. « C’est une honte ce qui se passe (…) Il faut les soutenir parce qu’ils crèvent et on ne les entend pas »
, lance Joëlle Fournier, secrétaire à la retraite, 64 ans, venue manifester avec les agriculteurs, une petite croix appuyée sur l’épaule.
Depuis l’apparition des premiers cas de DNC en France, en Savoie à l’été 2025, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur « trois piliers »
: l’abattage systématique, la vaccination – autour des foyers et généralisée dans 10 départements du Sud-Ouest – et la restriction de mouvements au sein de zones réglementées.
En effet, vendredi, 113 vaches ont été abattues dans un élevage de l’Ariège, autre département occitan d’où est partie la colère agricole après l’abattage mi-décembre de plus de 200 bovins dans une ferme des Bordes-sur-Arize.




