
Pour les Verts allemands, le moment pouvait difficilement être plus mal choisi. A quelques semaines d’un scrutin régional crucial pour leur avenir, dans le Bade-Wurtemberg, l’une des régions les plus exposées à la crise de l’automobile, les députés Verts allemands au parlement européen ont choisi d’envoyer un signal hostile au libre-échange. Le mercredi 21 janvier, huit de ses douze eurodéputés, qui forment le plus gros contingent du groupe écologiste au parlement de Strasbourg, ont voté en faveur d’un renvoi de l’accord avec le Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Cet accord commercial entre l’UE et les pays d’Amérique du Sud fait l’objet d’un soutien massif dans la classe politique et les milieux économiques en Allemagne. Il y est vu comme le moyen de soutenir une économie en berne depuis la guerre en Ukraine, en fournissant de nouveaux débouchés à un secteur industriel qui souffre des tensions commerciales avec les Etats-Unis et du ralentissement des échanges avec la Chine. Le chancelier Friedrich Merz a fait campagne pour l’accord, qu’il voit comme un enjeu de souveraineté européenne, tandis que Manfred Weber, le président du groupe Parti populaire européen (droite) au parlement européen, l’a même présenté comme un accord « anti-Trump ».
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