- La bienveillance envers soi-même est essentielle mais souvent négligée.
- L’autocritique excessive et le sacrifice des besoins personnels nuisent au bien-être.
- Cultiver l’autocompassion permet de renforcer confiance, santé mentale et estime de soi.
La bienveillance est un comportement à la mode depuis quelques années. Il s’agit de faire preuve de compassion, d’empathie, de gentillesse et de générosité envers les autres. Si l’on se montre compréhensif avec les membres de sa famille ou ses amis, voire avec des inconnus croisés sur la route, il est plus rare de faire preuve de bienveillance envers soi-même ou d’auto-compassion. En effet, on a tendance à toujours être plus sévère et critique. Lorsque l’on se regarde dans le miroir, on a tendance à ne voir que les défauts. Lorsque l’on fait une erreur, on se blâme plus que de raison. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’un ami ou d’un proche, on le réconforte et on le rassure. Pour le psychologue américain Mark Travers, « l’autocritique est l’une des principales raisons pour lesquelles il est difficile d’être bienveillant envers soi-même
« . Or, ces critiques diminuent la confiance et l’estime de soi. « L’autocompassion est plus fortement liée au bien-être, notamment à une diminution des symptômes dépressifs et à une augmentation des émotions positives
« , explique l’expert dans un article publié dans Forbes
.
Un autre signe qui montre que nous ne sommes pas assez bienveillants envers nous-mêmes, c’est lorsque l’on a tendance à faire passer les besoins des autres avant les siens. Certes, c’est admirable de vouloir aider, mais parfois cela se fait au détriment de ses besoins physiques ou émotionnels. Or, se soucier trop des autres et pas assez de soi mène à l’épuisement, au stress, à l’amertume et au ressentiment. D’où l’importance de savoir fixer des limites claires et d’apprendre à dire « non ».
Un schéma ancré depuis l’enfance
Il est aussi important de savoir demander ou accepter de l’aide. Souvent, les personnes qui manquent de bienveillance envers elles-mêmes repoussent ou refusent le soutien d’autrui, pensant qu’elles ne méritent pas cette gentillesse. Un schéma ancré depuis l’enfance durant laquelle la personne a « grandi dans un environnement qui valorisait l’abnégation, le stoïcisme ou la force de caractère
« . Enfin, dernier signe que vous ne prenez pas assez soin de vous : vous avez du mal à vous pardonner, une tendance à vous juger durement et à retenir les échecs plutôt que les succès. En revanche, pardonner les autres est plus simple. Pour le psychologue, « une forte quête de perfection peut facilement se transformer en une autocritique excessive
« . Résultat : « lorsque chaque erreur semble amplifiée, il devient difficile de se traiter avec la même patience et la même compréhension qu’on accorde aux autres
« .
Pourtant, prendre soin de soi est essentiel pour prendre soin de sa santé physique et mentale et, contrairement à une croyance parfois ancrée très profondément, ce n’est ni égoïste, ni un luxe et encore moins un signe de faiblesse. Or, comme le souligne Mark Travers, « la vulnérabilité est souvent perçue à tort comme un signe de faiblesse ou de fragilité, ce qui explique la réticence de nombreuses personnes à accepter du soutien ou à pratiquer l’autocompassion
« . Néanmoins, il est possible de modifier le logiciel et de cultiver l’autocompassion. Comment ? En essayant d’avoir un regard moins critique sur soi, en déléguant petit à petit des tâches, en se félicitant pour les réussites, même les petites. « À l’instar d’une compétence ou d’un muscle, l’autocompassion peut s’apprendre et se développer
« , conclut le psychologue.




