vendredi, mars 6
L’« adorant », figurine provenant de la grotte de Geissenklösterle (Bade-Wurtemberg, Allemagne), constituée d’une petite plaque d’ivoire représentant une figure anthropomorphe accompagnée de plusieurs séries d’entailles et de points, est exposée à Stuttgart, en Allemagne, le 23 février 2026.

Cette forme humanoïde, qui semble prier, a été ciselée dans l’ivoire d’une défense de mammouth il y a 35 000 à 32 000 ans. L’« adorant de Geissenklösterle » a été exhumé en 1979 dans une grotte du Bade-Wurtemberg, en Allemagne. Il porte 39 encoches sur ses bords et 49 autres sur son revers. En analysant les séquences statistiques des signes gravés sur plus de 200 autres objets de cette période, un linguiste et une archéologue allemands y voient des caractéristiques similaires à une proto-écriture cunéiforme, apparue en Mésopotamie vers 3 300 avant notre ère. Mais leurs résultats, publiés le 23 février dans PNAS, sont contestés par Carole Fritz, spécialiste de l’art paléolithique au CNRS. « Les populations qui ont produit ces outils étaient des chasseurs-cueilleurs. Or une proto-écriture ne peut apparaître que dans un système d’organisation plus structurée socialement », dit-elle.

Le duo allemand a analysé une série de marques (virgules, points, lignes, croix, étoiles…), inscrites sur plus de 200 artefacts (figurines, outils, ornements personnels, flûtes…) en ivoire, en os ou bois d’animaux. Tous provenaient de grottes du sud-ouest de l’Allemagne, datant de 43 000 à 34 000 ans. Ils appartiennent à la culture aurignacienne, qui a produit certains des plus anciens exemples d’art figuratif connus – dont la grotte Chauvet, en Ardèche, offre un fameux exemple.

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