mercredi, juillet 8

La série médicale « The Pitt » et la comédie sur les déboires d’une humoriste vieillissante « Hacks » ont pris la tête mercredi de la course aux Emmy Awards, l’équivalent des Oscars de la télévision américaine.

Ces deux productions HBO Max ont récolté respectivement 25 et 24 nominations. Côté mini-séries, « Acharnés » domine en étant nommé dans 16 catégories.

Sorte de croisement entre « Urgences » et « 24 heures chrono », « The Pitt » s’impose en favorite pour être élue meilleure série dramatique, comme l’an dernier, grâce à son rythme haletant qui suit heure par heure la journée des urgentistes de l’hôpital de Pittsburgh (Pennsylvanie). 

Sa deuxième saison voit notamment des agents de la police de l’immigration amener une femme blessée aux urgences, et fait allusion aux menaces pesant sur la recherche médicale à cause des coupes budgétaires de l’administration Trump.

Noah Wyle, remarquable en chef de service débordé, part encore favori pour le prix du meilleur acteur.

Mais la domination de « The Pitt » pourrait être contrariée par une nouvelle venue, « Pluribus », qui a frappé fort mercredi avec 18 nominations.

Imaginée par le créateur de « Breaking Bad », Vince Gilligan, cette série fait sensation avec son scénario dystopique, porteur d’une réflexion ambitieuse sur l’injonction permanente au bonheur. 

Elle suit le calvaire d’une romancière misanthrope, immunisée contre un virus qui a rendu l’humanité entièrement béate et heureuse. Déjà récompensée par un Golden Globe en janvier, son interprète Rhea Seehorn est largement pressentie pour l’Emmy de la meilleure actrice. 

– « Widow’s Bay » fait sensation –

Les autres prétendantes au titre de meilleure série dramatique incluent notamment le drame politique « La Diplomate », le feuilleton d’espionnage « Slow Horses » et la série fantastique « A Knight of the Seven Kingdoms », située un siècle avant les événements de « Game of Thrones ». 

Elles ont chacune obtenu 9 nominations.

Chez les comédies, les nominations projettent également un duel entre une fiction reconnue et une nouveauté séduisante. 

L’ultime saison de « Hacks », clash de générations entre une humoriste vieillissante et sa jeune assistante, mène la course. Sa star Jean Smart, qui incarne cette gloire du stand up en difficulté, a déjà remporté quatre Emmy Awards pour ce rôle et est une nouvelle fois nommée.

Mais le feuilleton est suivi de près par « Widow’s Bay », nouvelle série décalée d’Apple TV nommée dans 19 catégories. 

Matthew Rhys y brille en maire loufoque d’une île de Nouvelle-Angleterre, désireux de doper le tourisme sur son bout de caillou brumeux, que les habitants croient maudit et hanté.

Face à ces deux favoris, la concurrence reste relevée.

Il faudra notamment compter avec la troisième saison de « Shrinking » (9 nominations) et son duo de psys attachants, incarnés par Jason Segel et Harrison Ford, sérieux prétendants pour l’Emmy du meilleur acteur et celui du meilleur second rôle masculin.

La série culinaire « The Bear: sur place ou à emporter » (8 nominations), est également dans la course, mais son ultime saison a divisé la critique.

– La deuxième mouture d' »Acharnés », saluée –

La catégorie mini-séries, limitées à une seule saison, sera également très suivie, après les succès fulgurants d' »Adolescence » et de « Mon petit renne » lors des éditions précédentes.

Cette année, la réinvention d' »Acharnés » est saluée par les votants, avec 16 nominations. 

Cette anthologie – série avec une thématique servant de seul fil rouge, qui renouvelle entièrement ses personnages et son intrigue à chaque saison – sur la rancœur humaine s’était déjà fait remarquer en chroniquant un banal accrochage routier qui tourne à la guerre des nerfs.

Pour sa deuxième mouture, la série plonge dans les bassesses de trois couples bourgeois multipliant chantages et coups bas.

Elle affrontera notamment « DTF St. Louis » (13 nominations), histoire d’une amitié improbable entre un riche présentateur météo (Jason Bateman) et son interprète en langue des signes fauché (David Harbour).

Quant à la série la plus regardée de Disney+, « Love Story: John F. Kennedy  Jr. & Carolyn Bessette », elle a déçu mercredi avec seulement six nominations. 

Une contre-performance pour ce feuilleton qui a fait le buzz en retraçant l’histoire d’amour entre le rejeton du président américain assassiné et sa femme arrachée à l’anonymat dans les années 90, avant leur mort tragique dans un accident d’avion.

Enfin, la course entre plateformes qui agite chaque année l’industrie voit cette fois HBO Max (122 nominations au total) dominer Netflix (111) et Apple TV (87).

La 78e cérémonie des Emmy Awards se tiendra le 14 septembre à Los Angeles, et sera présentée par Mariska Hargitay, actrice popularisée par la série « New York Unité Spéciale ».

rfo/eml

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