jeudi, août 20

« Très regrettable. » C’est en ces termes que Sanae Takaichi, la Première ministre japonaise, a qualifié les sanctions économiques que l’administration Trump a décidé d’infliger à Tomoko Akane, la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), rapporte la chaîne de télévision FNN.

Installée à La Haye, la CPI est une juridiction internationale reconnue par 125 États parties, compétente pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides. À ce titre, elle mène des investigations sur les soupçons de crime de guerre commis par des soldats américains en Afghanistan. Elle a également émis un mandat d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité à Gaza. Des initiatives qui ne sont bien évidemment pas du goût de l’administration Trump.

Dénonçant une institution « corrompue » et « irréversiblement politisée », le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a publié un communiqué le 18 août pour officialiser les sanctions à l’endroit de la présidente japonaise de la CPI et du Sénégalais Abdoulaye Seye, substitut du procureur.

Washington, tout comme son allié israélien, n’est pas partie à la CPI, et l’administration Trump réclame le démantèlement de l’institution, perçue comme une menace contre la souveraineté américaine. D’après le quotidien Nihon Keizai Shimbun, les sanctions en question impliquent le gel des avoirs des deux magistrats aux États-Unis, l’interdiction d’entrer sur le territoire des États-Unis et leur exclusion des plateformes et services web américains, y compris pour leurs transactions financières.

Trop de complaisance

Les États-Unis étant le premier allié du Japon, cette situation place le gouvernement nippon dans l’embarras. D’autant que le pays est le principal contributeur financier de la CPI. Quelques jours avant l’annonce des sanctions, les autorités japonaises avaient qualifié d’« absolument inadmissible » la visite du président russe, Vladimir Poutine, sur l’île d’Etorofu, que Tokyo revendique. Comparée à cela, la réaction de Tokyo est apparue « extrêmement prudente », relate le quotidien Asahi Shimbun. « Il fallait faire en sorte que cette affaire ne pèse pas sur l’alliance avec les États-Unis », souligne un responsable du ministère des Affaires étrangères cité par le journal.

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