Alors que les États membres de l’UE se retrouvent le 17 novembre à Genève pour adopter ou non des recommandations de l’OMS, les producteurs de tabac polonais se sont rassemblés devant la chancellerie du Conseil des ministres ce lundi 3 novembre, pour faire pression sur leurs représentants. L’Organisation mondiale de la Santé incite les États membres à couper les financements aux exploitations tabacoles et envisage à terme une liquidation du secteur en Europe. Une hérésie pour ces producteurs, alors que la Pologne est le troisième producteur de tabac européen.
Avec notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat
« Producteurs de tabacs, faites entendre que vous êtes là, le plus fort possible ! » Comme les quelques centaines de producteurs de tabac venus des quatre coins de la Pologne, Paulina espère convaincre le ministre de l’Agriculture de ne pas transformer les recommandations de l’OMS en loi européenne.
« Nos familles vont perdre leur travail et leur moyen de subsistance », craint Paulina. La sienne fait partie des 30 000 qui vivent de la culture du tabac en Pologne. Depuis que leur élevage de viande a fait faillite, ils ne vivent plus que de leurs 12 hectares de plantations. « Si on nous coupe les subventions agricoles comme ils veulent le faire, comment voulez-vous que nous, les agriculteurs, on s’en sorte », s’exclame-t-elle.
« Ceux qui veulent fumer vont continuer de fumer »
Wiesław, lui, a fait le déplacement depuis une région frontalière de l’Ukraine connue pour ses cultures tabacoles. Il dit comprendre l’argument sanitaire de l’OMS, mais juge l’asphyxie de la production européenne hypocrite.
« Soit, nos cigarettes vont avoir un impact négatif sur la santé. Mais celles qui sont produites au Brésil, en Argentine, ou en Inde par exemple, vous pensez qu’elles seront inoffensives ? Parce que c’est de là qu’on va les importer. Ceux qui veulent fumer, eux, ils vont continuer de fumer », argumente Wiesław.
En Europe, le tabagisme fait au moins 700 000 victimes chaque année.
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