Une focaccia garnie de bacon, d’œuf et de fromage : en devanture d’un bar de San Francisco, la photo n’a pas fait saliver tout le monde. Début juillet, le Grind & Unwind s’est même retrouvé tagué d’un « Seriously » (« Sérieusement ? ») sur sa façade, rapporte SFGate.
C’est que la photo en question était générée par IA, poursuit le site d’information local. Les commentaires en ligne n’étaient guère plus tendres, comparant par exemple la focaccia à une éponge.
La tendance des petits restaurants locaux et des snacks à user de l’IA pour mettre en forme leur carte se constate des deux côtés de l’Atlantique.
Devant cette multiplication, Aftermath se fend d’un billet d’humeur coup de gueule.
« Avez-vous déjà croisé un sandwich généré par IA ? demande le site spécialisé dans les jeux vidéo et les sujets tech. Quand une machine reconstitue à quoi ressemble la nourriture humaine, ça donne une approximation frelatée, plus répugnante qu’aucun vrai sandwich ne le sera jamais. »
Le fameux menu du Grind & Unwind, à San Francisco, dont les images générées par IA ont fait scandale (la focaccia est en bas à gauche de l’image).. PHOTO Grind & Unwind
Le fameux menu du Grind & Unwind, à San Francisco, dont les images générées par IA ont fait scandale (la focaccia est en bas à gauche de l’image).PHOTO Grind & Unwind
Selon Luke Plunkett, le cofondateur d’Aftermath, vouloir réduire les coûts est très compréhensible pour les petits commerces. Mais les effets seraient vite contre-productifs. « Les gens, ceux que vous cherchez à attirer devant votre café ou vos assiettes, sont aujourd’hui très conscients des lacunes et des menaces de l’IA [sur l’emploi et l’environnement notamment]. »
De son côté, The Post and Courrier constate cette même tension à Columbia, en Caroline du Sud : « Le recours à l’IA s’envole, mais les réactions hostiles sur les réseaux aussi. »
Le quotidien interroge des experts et des restaurateurs qui insistent sur le fait que, dans ce secteur, les marges des entreprises sont particulièrement faibles. Réduire les charges peut donc être vu comme une question de survie. Mais est-ce la meilleure façon de procéder ?
« Je comprends parfaitement
le souci d’économie.
Mais si je ne sens pas
un peu d’âme, de passion
dans l’image, je m’attends
à ce que la cuisine qu’on va
me servir n’en ait pas non plus.
Alors que c’est précisément
ce que je cherche : je veux
manger une cuisine préparée
avec amour. »
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