
La pêche à l’anguille jaune reste finalement autorisée aux amateurs. Sans expliquer sa décision, le ministère de la transition écologique a confirmé au Monde, mercredi 4 mars, la suspension du moratoire qu’il prévoyait sur la pêche récréative de ce poisson classé en « danger critique » – le dernier palier avant l’extinction – par l’Union internationale pour la conservation de la nature. A ce stade de développement, le jeune migrateur aux allures de serpent grandit dans les rivières, des années durant. La volonté d’interdire sa capture aux pêcheurs de loisir avait été annoncée par l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher en juin 2025, en préambule de la conférence des Nations Unies sur l’océan.
La situation de l’anguille européenne demeure en effet préoccupante, malgré des restrictions de pêche et des translocations d’alevins opérées dans les eaux européennes pour la préserver, en vertu d’un règlement de 2007. En novembre 2025, le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) a recommandé d’interdire toute capture de l’espèce pour la cinquième année consécutive. Face aux menaces qui pèsent sur l’anguille, le projet de décret portant moratoire de sa pêche en eau douce avait été ouvert à la consultation durant le mois d’octobre. Le texte – très décrié par les pêcheurs de loisir – devait paraître dans les prochaines semaines, après un premier report en décembre. Son entrée en vigueur est désormais suspendue, sans qu’une nouvelle échéance soit avancée.
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