Les élections municipales à Paris cumulent déjà plusieurs excentricités : cela ne fait même pas cinquante ans qu’elles existent – avant 1977, la capitale était administrée par l’Etat – et le maire est le seul édile de France responsable à la fois d’une ville et d’un département qui voit ses pouvoirs enchevêtrés aussi avec ceux de la région (pour les transports) et ceux de l’Etat (pour la sécurité). Comme si cela ne suffisait pas à singulariser cette élection, parmi les quelque 35 000 autres qui se déroulent en même temps, le scrutin parisien des 15 et 22 mars apporte son lot d’inconnues qui le rend inédit et plus ouvert que jamais.
Principale nouveauté : le mode de scrutin. Grâce au lobbying intense de la maire (Les Républicains, LR) du 7e arrondissement, Rachida Dati, qui y voit un moyen de faciliter son accession à l’Hôtel de ville de Paris, les parlementaires ont adopté en 2025 la réforme de la loi dite « Paris, Lyon, Marseille » de 1982. Depuis cette date, les électeurs de ces villes étaient appelés à voter pour leurs conseillers d’arrondissement, dont certains siégeaient ensuite au conseil municipal et élisaient le maire. Désormais, il leur sera demandé de voter deux fois, pour leur arrondissement et pour la mairie centrale. Un processus sans précédent puisque, en 1977, seule municipale parisienne d’avant la réforme, les mairies d’arrondissement n’existaient pas.
Dans un lien d’interdépendance avec l’Hôtel de ville, des baronnies se sont installées au fil des ans, comme dans le 15e arrondissement, où Philippe Goujon (LR), par ailleurs doyen du Conseil de Paris, règne, depuis 2008, sur un territoire qui compte plus d’habitants que Le Havre (Seine-Maritime). Jusqu’alors, le candidat à la mairie centrale se devait de ménager ces élus locaux pour assurer son élection ; avec deux scrutins séparés pour l’arrondissement et pour l’Hôtel de ville, le lien est rompu.
Saut dans l’inconnu
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