“Aujourd’hui, c’était jour de déménagement au Pentagone”, annonce l’agence Associated Press dans une vidéo publiée jeudi 16 octobre. Des dizaines de journalistes ont en effet choisi de quitter les lieux plutôt que de se plier aux nouvelles règles que leur imposait le ministère de la Défense américain. Pour rappel, le document de 21 pages comprenait, entre autres, un engagement à ne pas obtenir et publier d’informations non autorisées, ainsi qu’une restriction d’accès à certaines zones du Pentagone. Tout représentant des médias qui refuserait de le signer avant mardi 14 octobre à 17 heures n’aurait d’autre choix que de rendre son accréditation et quitter les locaux. C’est désormais chose faite.
Les bras chargés de cartons, les journalistes ont défilé “en masse” mercredi, relate The Washington Post. Un coup de plus porté à la presse américaine, alors que, ces derniers mois, “le Pentagone a progressivement réduit l’accès des journalistes, expulsant certaines chaînes de télévision de leurs espaces de travail et fermant la salle de briefing que beaucoup utilisaient comme solution de remplacement”, rappelle The Guardian.
“Quelque chose se perd lorsque les dirigeants du ministère de la Défense choisissent de se soustraire à tout contrôle”, écrivait Nancy A. Youssef dans les colonnes de The Atlantic mercredi. La journaliste estime en effet que “le public perd l’accès à des informations qu’il a le droit de connaître, ainsi que le droit de poser des questions à ceux qui sont chargés de dépenser près de 1 000 milliards de dollars provenant des impôts et de gérer 3 millions d’employés”. Mais cela n’arrêtera pas celle qui a couvert l’actualité du Pentagone durant dix-huit ans. “Mes collègues journalistes et moi-même continuerons à faire notre travail, à rendre compte [des activités] de l’armée américaine de toutes les manières possibles”, annonce-t-elle.
De nouveaux enjeux
Malgré un engagement affiché, difficile d’imaginer un avenir pour la quête d’informations sans vigies permanentes sur place et donc sans accès direct aux sources. “Les journalistes s’inquiètent en particulier du délai nécessaire pour obtenir des réponses à leurs questions sur des événements qui évoluent rapidement, souligne le Guardian. Lorsque des nouvelles urgentes arrivaient de l’étranger, les journalistes pouvaient se précipiter dans les bureaux des attachés de presse pour obtenir rapidement des éclaircissements et des commentaires.”
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