mardi, janvier 13

  • Le Front de libération nationale kanak et socialiste annonce qu’il ne se rendra pas à la réunion programmée ce vendredi par le président au sujet de l’avenir institutionnel de l’archipel.
  • « Le gouvernement essaie de nous enfermer dans Bougival, nous et l’ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner », a déclaré le président du FLNKS.
  • Signé en juillet mais rejeté le mois suivant par le FLNKS, l’accord de Bougival prévoit notamment la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française.

Il estime que « Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force ». Après avoir tenu une convention le week-end dernier, le mouvement indépendantiste calédonien du Front de libération nationale kanak et socialiste a annoncé mardi qu’il ne se rendrait pas à la réunion sur l’avenir institutionnel de l’archipel organisée vendredi à l’Élysée par Emmanuel Macron. 

« Le gouvernement essaie de nous enfermer dans Bougival, nous et l’ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner », a affirmé le président du FLNKS, Christian Tein, depuis le siège de l’Union calédonienne, principale composante du mouvement, à Nouméa.

Vers une « consultation citoyenne anticipée » ?

Signé en juillet entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes, mais rejeté le mois suivant par le FLNKS, l’accord de Bougival prévoit notamment la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Dans un courrier envoyé en décembre aux élus locaux, le président de la République avait annoncé qu’il réunirait les élus calédoniens le 16 janvier à Paris pour « poursuivre le dialogue » sur l’avenir institutionnel et « apporter des clarifications » sur le texte en question. 

Une majorité de forces politiques calédoniennes continue de soutenir cet accord, mais plusieurs d’entre elles estiment qu’il doit être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable à sa mise en œuvre. Pour tenter de relancer le processus dans un archipel marqué par de graves violences au printemps 2024, qui ont fait 14 morts et rendu l’économie de l’archipel exsangue, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait proposé d’organiser en mars 2026 une « consultation citoyenne anticipée », avant l’adoption de la loi constitutionnelle nécessaire à son application. Mais cette perspective a suscité des réserves, y compris parmi les soutiens de Bougival.

L’Union nationale pour l’indépendance a conditionné son appui à des modifications du texte et le Congrès calédonien, consulté pour avis le 8 décembre, a confirmé que le projet était dans l’impasse avec 19 votes pour, 14 contre et 19 abstentions. Début décembre, le Parti socialiste a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de « suspendre » la consultation anticipée, estimant qu’elle révélait « l’absence de consensus réel » autour de l’accord, ce qui rendait l’adoption du projet de loi improbable.

La rédaction de TF1info avec AFP

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