- Au travail comme ailleurs, prendre la tête d’une équipe attire de moins en moins.
- Une réflexion qui interroge car de plus en plus de Français refusent d’endosser des responsabilités.
- Dans « Bonjour ! La Matinale TF1 », un militaire, Nicolas Brault, est venu questionner notre rapport à l’autorité.
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Bonjour ! La Matinale TF1
Et si le problème n’était pas là où on le croit ? Sur le plateau de « Bonjour ! La Matinale TF1 », la discussion s’ouvre sur un constat largement partagé : l’autorité serait en crise. Mais pour le capitaine Nicolas Brault, auteur du livre « Donner l’ordre ne suffit pas » (Michel Lafon), cette lecture mérite d’être nuancée. « Ce que j’ai appris dans les armées, ce n’est pas être autoritaire, ce n’est pas avoir de l’autorité. Ce que j’ai appris, c’est à être respecté »,
explique le légionnaire.
Autorité ou respect : la confusion
Pour le militaire, l’autorité ne peut exister sans réciprocité. « C’est d’abord le respect du chef vers ses subordonnés »
explique-t-il, insistant sur l’importance de l’exemplarité. Et de rappeler que « tout commandement est un service ».
Loin d’une crise de l’autorité, il évoque plutôt une transformation plus profonde. « Je ne suis pas sûr qu’il y en ait vraiment une (…) par contre, plutôt une crise de l’engagement. »
Dans le monde du travail comme ailleurs, prendre la tête d’une équipe attire de moins en moins. En cause : des responsabilités lourdes, un investissement quotidien et une pression constante. « Ce n’est pas tant que les gens ne veulent plus obéir, c’est que les gens ne veulent plus commander »,
note Nicolas Brault. Une réalité qui s’observe dans de nombreux secteurs, où les postes de management peinent à séduire.
L’impact du numérique
Le numérique, lui aussi, joue un rôle. « Combien de chefs donnent des ordres par mail, par webcam ? »
interroge-t-il. Une distance qui fragilise le lien et rend plus difficile l’adhésion des équipes. Enfin, Nicolas Brault insiste sur une idée clé : donner un ordre ne suffit pas. « Derrière, il y a contrôler, (…) savoir récompenser »
détaille-t-il. Autrement dit, le leadership ne se décrète pas, il se construit.




