mardi, mars 24

De notre correspondante à Moscou,

La phrase du Premier ministre Mikhaïl Michoustine est tombée au milieu de trois heures d’échanges ce mercredi après-midi à la Douma. Le chef du gouvernement venait présenter le résultat de son action pour l’année écoulée. Dans toutes les têtes, les clignotants oranges qui se sont allumés sur l’économie russe. Le déficit 2025 avait déjà été supérieur aux prévisions officielles, et le phénomène risque de se répéter. Hypothèse de construction du budget 2026 : 1,6 % de déficit. Anticipations des analystes : entre 3,5 % et 4,4 %, en raison notamment de la baisse des revenus pétroliers.

Interrogé sur la nécessité de trouver des marges de manœuvre, Mikhaïl Michoustine n’a pas nié le problème, au contraire : « En ce qui concerne le choix de la manière de financer le déficit budgétaire émergent, vous savez, hier, nous nous sommes réunis très tard dans la nuit avec le président, de nombreux membres du gouvernement, avec Elvira Nabiullina la directrice de la Banque centrale, discutant d’un large éventail d’approches. Je pense que le président et moi avons vraiment passé de très nombreuses heures à discuter de la meilleure solution pour le pays », a déclaré Mikhaïl Michoustine.

La réunion, selon le Premier ministre, a eu lieu le 24 février. Elle ne figurait dans aucun agenda. Les autorités se voulant en général très rassurantes sur l’état de l’économie et ses perspectives, cette déclaration a été remarquée et largement décrite comme la marque d’une reconnaissance officielle, tôt dans l’année, que le déficit augmente plus vite que prévu, même si on ne sait pas quelles sont les pistes envisagées pour y remédier. Le 1er janvier déjà, la TVA a augmenté, passant de 20 % à 22 %, suscitant une nouvelle hausse de l’inflation.

Quant aux régions, le journal Kommersant de jeudi 26 février signale qu’elles ont clôturé leurs budgets 2025 « avec des déficits records ». « Le déficit global des budgets régionaux non consolidés en Russie (hors budgets locaux) a augmenté de plus de 1 000 milliards de roubles fin 2025, pour atteindre 1 478 milliards de roubles », écrit le quotidien qui précise : « Ce chiffre est 3,6 fois supérieur à celui de 2024. » Au total, 74 régions russes ont clôturé l’année dernière avec un déficit : elles étaient 50 fin 2024.

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