samedi, janvier 31
Le capitole à Washington, le 29 janvier 2026.

Trois mois après le shutdown le plus long de l’histoire du pays, les Etats-Unis sont de nouveau entrés, samedi 31 janvier depuis minuit (heure de la côte Est), en situation de paralysie budgétaire partielle. Le blocage a pour origine cette fois-ci le refus de l’opposition démocrate d’adopter un budget pour la sécurité intérieure sans la mise en place de freins contre la police de l’immigration (ICE), à la suite des récents tirs mortels d’agents fédéraux à Minneapolis.

Le Sénat américain a cependant adopté quelques heures plus tôt un texte budgétaire qui devrait permettre à la paralysie de rester de courte durée. Car la Chambre des représentants doit désormais approuver le texte, avec un vote attendu en début de semaine pour mettre fin au shutdown. Les conséquences sont donc minimes puisque le blocage pourrait durer seulement un week-end, sans que de nombreux fonctionnaires ne soient mis au chômage technique.

Dans une note, le Bureau du budget (OMB) de la Maison Blanche a demandé, vendredi soir, aux différents ministères de mettre en place leur plan pour une paralysie budgétaire, tout en affirmant « avoir l’espoir » que ce blocage « soit bref ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Minneapolis : Donald Trump cherche à éteindre l’incendie déclenché par son administration

Le texte adopté vendredi avec 71 voix pour et 29 contre est le résultat d’un accord entre Donald Trump et les sénateurs démocrates. Ces derniers refusent d’adopter le budget proposé pour le ministère de la sécurité intérieure (DHS) sans la mise en place de réformes de la police de l’immigration jugée hors de contrôle après les événements récents de Minneapolis. Ils ont finalement accepté d’adopter cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.

« Pas de police secrète »

Mais puisque leur version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi doit faire la navette retour pour une adoption définitive par le Congrès, avant promulgation par Donald Trump.

La semaine dernière, le texte initial semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements du samedi 24 janvier à Minneapolis ont changé la donne. Le décès d’Alex Pretti, tué comme Renee Good quelques jours plus tôt par des agents fédéraux dans cette métropole du nord des Etats-Unis, a provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Minneapolis : la mort d’Alex Pretti, tué par la police fédérale de l’immigration, attise la colère dans une ville déjà traumatisée

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a appelé vendredi après le vote à des négociations avec les républicains pour concevoir des mesures « fortes et de bon sens » dans le but de « freiner l’ICE » et « mettre fin à la violence ». L’élu démocrate exige notamment la fin des « patrouilles volantes » et l’interdiction du port de cagoules par les agents. « Pas de police secrète », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Une bataille de quarante-trois jours

En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, avaient donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.

Le Monde Mémorable

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Newsletter abonnés

« International »

L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

S’inscrire

Si le shutdown est bien entré en vigueur à minuit, les Etats-Unis ne connaîtront sans doute pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant quarante-trois jours sur la question de subventions d’assurance santé. Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.

Le dernier shutdown n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitaient voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après la fin du shutdown, ce que l’on sait sur l’état de l’économie américaine

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version