Les sécheresses à répétition, la dégradation des sols, le dérèglement du cycle de l’eau provoquent l’insécurité alimentaire et des migrations forcées. Ces préoccupations sont au centre des enjeux de cette COP17 qui s’achève le 28 août en Mongolie.
Oumarou Malam Issa, représentant de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) au Niger, par exemple, témoigne de l’impact de la désertification, qui entraîne une perte culturelle avec la modification des modes de vie traditionnels. « Le pastoralisme est vraiment l’exemple typique de ces aspects culturels avec les Peuls qui vivent dans les zones sahéliennes. Le fait que cette activité puisse être compromise pour des questions environnementales reste quand même un vrai sujet, car son cheptel amène en tout cas la population à aller vers d’autres activités, voire à migrer, à se déplacer », raconte-t-il.
« La question de la Terre, poursuit Oumarou Malam Issa, a quand même une dimension culturelle et les gens sont attachés à leur terre. C’est vrai que la dimension culturelle se pose à ce niveau-là. Ce sont des enjeux fondamentaux liés à la vie et à la survie des populations. Également à une dimension sociale, celle de l’appartenance et de la possession de la terre ».
Un agriculteur nigérien et son troupeau.
Des sujets primordiaux mais dont les négociations sont difficiles, pour ne pas dire impossible, avec un pays : les États-Unis. Après avoir bloqué les décisions sur l’égalité homme-femme, sur les migrations et sur la participation de la société civile et des peuples autochtones, les États-Unis continuent leur travail de sape à la seule COP à laquelle ils participent. Ils ont bloqué sur toutes les principales décisions, même celles qu’ils avaient pourtant validées lors des réunions préparatoires de cette COP17.
Dans ce contexte, les revendications des États Africains, comme la mise en place d’un cadre mondial juridiquement contraignant consacré à la sécheresse, peinent à aboutir. L’enjeu derrière cette demande était d’obtenir des fonds pour aider les pays les plus exposés à s’adapter.
Elle avait déjà été au menu des discussions mais avait été refusée par les pays occidentaux il y a deux ans. La question est donc revenue sur le devant de la scène en Mongolie. Et pour l’instant, le résultat est le même : les Occidentaux, États-Unis en tête, ne veulent pas entendre parler d’un tel accord et bloquent les négociations qui prennent donc énormément de retard.
Pour lutter contre la sécheresse, qui s’annonce terrible cette année sur le continent africain avec l’arrivée du phénomène climatique El Niño, chaque État devra donc se débrouiller seul, en élaborant un plan national de lutte contre la sécheresse avec l’appui de ses partenaires et des bailleurs de fonds.
À écouter aussiBarbara Pompili: à la COP17, «les États-Unis font des blocages sur beaucoup de sujets»



