L’année 2026 a commencé par une nouvelle réjouissante : le chercheur français Laurent Vinatier, arrêté en Russie en juin 2024 – victime, comme des milliers de citoyens russes et ukrainiens, du « rouleau compresseur » des répressions politiques du régime poutinien –, a retrouvé la liberté, jeudi 8 janvier, et est rentré dans son pays.
Mais à cette joie se mêle une déception. Cette libération, cet échange « un contre un » [il a été libéré en échange du basketteur russe Daniil Kasatkin, emprisonné en France], signifie pour les prisonniers politiques russes que les dirigeants européens, y compris le président de la République française, les ont oubliés.
Le gouvernement français a sauvé son citoyen. De même, le 1er août 2024, les gouvernements allemand et américain avaient avant tout sauvé les leurs, lors d’un grand plan d’échange de prisonniers avec la Russie, impliquant la libération de 26 personnes. Mais, à cette occasion, des prisonniers politiques russes, citoyens de la Fédération de Russie, figuraient également parmi les personnes échangées (y compris certains signataires de cette tribune). Leur liberté comptait alors pour les dirigeants des pays démocratiques, et l’Occident avait su l’imposer.
Nous devons cette libération d’abord à l’ancien chancelier fédéral d’Allemagne, Olaf Scholz, qui a assumé cette responsabilité au prix de vives critiques : on lui reprochait d’avoir libéré des criminels en échange de ressortissants étrangers. Peut-être est-ce pour cette raison que, aujourd’hui, les dirigeants européens ne sont plus prêts à prendre des décisions risquées pour sauver des vies humaines.
Critique impossible
En 2018, l’un d’entre nous a rencontré le président français, Emmanuel Macron, et lui a parlé des prisonniers politiques Oïoub Titiev, militant tchétchène des droits de l’homme, et Oleg Sentsov, réalisateur ukrainien, tous deux emprisonnés en Russie. Le président s’était alors montré très attentif, demandant ce qu’il pouvait faire pour aider. En 2019, Titiev et Sentsov ont été libérés. Il est probable que les autorités et la diplomatie françaises y aient contribué.
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