mercredi, janvier 21

Pendant les débats parlementaires sur la loi de finances 2026, une question s’est imposée : les politiques français sont-ils de mauvais gestionnaires pour avoir laissé ainsi la dette se creuser au fil des ans ? Si cette interrogation est légitime, elle identifie de faux coupables. En effet, un retour sur notre passé et la lecture de quelques études scientifiques qui analysent les causes de l’endettement conduisent à un constat clair : les déficits ne peuvent pas être attribués à la compétence ou à l’incompétence des gouvernements. Ils dépendent avant tout des règles qui s’imposent à la prise de décision politique. Un contrôle citoyen fort sur les décisions fiscales contribue à rétablir la discipline budgétaire et favorise un usage plus raisonnable des deniers publics.

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A la veille de l’élection présidentielle de 2002, le président sortant, Jacques Chirac, fixait un cap clair : « Nous devons contenir l’évolution des déficits publics. Chacun sait bien que les déficits excessifs d’aujourd’hui seraient les impôts et les coupes sombres de demain. » Une fois élu, et alors qu’il bénéficiait d’une confortable majorité au Parlement, son gouvernement a produit environ 300 milliards d’euros de dette supplémentaires en cinq ans.

Les Français ont ensuite opté pour un changement de personne, et, surtout, de méthode. Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne présidentielle de 2007, portait alors une solution alternative pour un diagnostic semblable : « Nos finances publiques sont en mauvais état. Mais ce n’est pas en ne faisant rien qu’on réduira les déficits et qu’on remboursera la dette. C’est en réformant, c’est en investissant, c’est en travaillant plus que la France réduira ses déficits, remboursera sa dette publique et paiera ses retraites. » Malheureusement, cette formule est restée lettre morte : le quinquennat Sarkozy (2007-2012) a creusé la dette publique de plus de 600 milliards d’euros – un bilan certes lié à la crise économique de 2008.

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