Le Korea Times résume les « règles Yacha » : les combattants devront s’affronter à mains nues et sont soumis à « un code du silence » par lequel ils s’engagent à « ne pas faire appel à la police », même en cas de graves blessures. Le phénomène, qui gagne les établissements scolaires en Corée du Sud, est mis en lumière par une enquête du ministère de l’Éducation, dont les résultats ont été dévoilés le 9 septembre. Ces combats, de plus en plus fréquents, deviennent une « façon de justifier les violences » et le harcèlement scolaire, rapporte le quotidien anglophone. Les participants imaginent qu’« accepter de se battre selon ces règles les protège des sanctions pénales », rapporte aussi l’agence de presse Yonhap.
Les « règles Yacha » se sont propagées au sein des établissements « comme une forme de jeu », poursuit l’éditorialiste Lee Myeong-hee, dans le quotidien Kyunghyang Shinmun, et prennent désormais la forme de combats forcés, « de plus en plus fréquents », où « des élèves physiquement plus forts contraignent leurs camarades à se battre », écrit le Korea Times.
À l’insu des enseignants et des parents, certains jeunes « filment les vidéos » de ces affrontements, puis les « diffusent sur les réseaux sociaux », comme Instagram ou TikTok, avec le hashtag #YachaRule, voire vont jusqu’à les vendre « pour se faire de l’argent de poche », détaille le quotidien économique Hanguk Gyeongje. Sur YouTube aussi, le Yacha Club, un compte dévolu à ces vidéos, rassemble plus de 500 000 abonnés. Certaines montrent des bagarres dans des parkings souterrains ou dans la rue.
Les violences scolaires à un niveau record
Le phénomène s’inscrit dans une tendance plus large de harcèlement et de violences scolaires à la hausse. Selon l’enquête du ministère, reprise par une large part de la presse sud-coréenne, 2,9 % des élèves, de l’école primaire au lycée, déclarent en être victimes. « Un niveau record », souligne le Korea Times, « le plus élevé depuis 2013 », qui « augmente depuis six années consécutives ». « Plus les jeunes passent du temps devant leur écran, moins ils ont d’occasions d’interagir avec les autres, ce qui peut nuire au développement de l’empathie », estime Seong Yun-sook, chercheuse associée à l’Institut national de la politique de la jeunesse.
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