vendredi, juillet 10
Des traders à la Bourse de New York le 27 mai 2026 (ANGELA WEISS)

Les Bourses mondiales ont repris pied jeudi, rassurées par la détente des prix du pétrole et un nouveau souffle du secteur technologique, malgré les fortes tensions au Moyen-Orient.

A Wall Street, le Dow Jones a clôturé sur un gain de 0,27%, l’indice Nasdaq a avancé de 1,30% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,81%.

En Europe, Paris a terminé en hausse de 0,90%. Francfort a pris 0,89% et Milan 1,09%. Seule Londres a fini en léger recul (-0,16%), car ses majors pétrolières, qui pèsent lourd dans l’indice, ont souffert du recul des prix du brut.

Au Moyen-Orient, les nouveaux affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran sont les plus intenses depuis la signature d’un protocole d’accord mi-juin venu entériner la trêve d’avril.

Donald Trump a assuré que, pour lui, cette dernière était désormais « terminée ». Il a aussi étrillé les dirigeants iraniens, « des malades » à qui il ne veut plus « avoir affaire », tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des pourparlers par son équipe de négociateurs.

Mais « l’effet de surprise est bien moindre qu’au début », selon Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

« Les marchés partent du principe que les Iraniens doivent conclure un accord pour sauver leur économie, un raisonnement qui contribue à faire baisser les prix », a expliqué à l’AFP Robert Yawger, analyste de Mizuho USA.

Et selon Christopher Low, analyste de FHN Financial interrogé par l’AFP, il faut souligner « l’ampleur de l’augmentation de la production pétrolière en dehors du Golfe » depuis le début de la guerre, qui rend toute perturbation dans la région moins préjudiciable qu’auparavant.

Rien qu’aux Etats-Unis, les exportations cumulées de brut et produits pétroliers ont bondi de 25% entre janvier et avril, selon les dernières données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

Ce sont près de 3 millions de barils supplémentaires qui sortent du pays chaque jour.

Résultat, les cours du pétrole ont reculé. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, a perdu 2,20% à 76,30 dollars. Celui de son équivalent américain, le WTI, a baissé de 1,96% à 72,08 dollars.

Dans ce contexte, la pression sur le coût de la dette s’est amoindrie, au lendemain d’une nette hausse.

En Europe, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans a reculé à 3,85%, contre 3,92% mercredi soir en clôture. Celui de l’Allemagne est passé à 3,06%. Leur équivalent américain s’est inscrit à 4,55%, contre 4,58%.

– Les semi-conducteurs brillent –

« Comme à chaque fois qu’on a un retour de la guerre en Iran, le marché se raccroche aux promesses des investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA), et à leurs bénéficiaires, comme les semi-conducteurs », a expliqué à l’AFP Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac.

Les semi-conducteurs sont des éléments essentiels pour construire les centres de données pour l’IA. Les entreprises du secteur profitent d’une croissance stratosphérique de leurs bénéfices grâce aux investissements massifs des géants de la tech pour développer cette technologie.

Des coûts d’emprunts plus faibles leur sont aussi favorables.

A Wall Street, SanDisk a pris 7,59% et AMD s’est octroyé 5,67%. Micron (+4,52%) a également été porté par son ambition d’accélérer encore ses investissements aux Etats-Unis, les portant à 250 milliards de dollars d’ici 2035.

A Paris, les deux spécialistes des semi-conducteurs STMicroelectronics (+7,15%) et Soitec (+5,86%) se sont affichés en hausse, de même qu’Infineon (+4,34%) à Francfort. ASML a pris 4,83% à Amsterdam.

L’entrée à Wall Street du géant sud-coréen des puces SK hynix, prévue vendredi, suscite également l’enthousiasme. 

« Nous continuons de penser que ce secteur est en surcapacité, que les acteurs vont commencer à réduire leurs dépenses, mais en réalité, nous continuons de voir ces gros titres qui sont très encourageants », a remarqué M. Low.

bur-tmc/ni/er

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