Plus rien n’est acquis. Le monde globalisé tel que nous le connaissions se fracture. Nous ne vivons plus les uns avec les autres, mais les uns contre les autres. Les règles de droit qui permettaient autrefois le dialogue et la coopération entre Etats sont aujourd’hui ouvertement rejetées, critiquées et bafouées, souvent sans procédure régulière ni justification. Tout ce qui ne nous semblait ni possible, ni pensable peut advenir demain.
C’est pourquoi le 24 janvier est la Journée mondiale de l’avocat en danger. Cette commémoration n’est ni symbolique ni abstraite. Il s’agit de révéler les intimidations, représailles ou pressions politiques dont sont victimes les avocats simplement parce qu’ils font leur travail.
Cette année, ce sont les Etats-Unis qui sont mis en avant. C’est une distinction regrettable, mais tout à fait compréhensible. Cette décision n’a pas été prise à la légère. La proposition a été justifiée par « de graves préoccupations concernant l’escalade des attaques contre les avocats aux Etats-Unis en 2025 », notamment les sanctions, représailles politiques et mesures discriminatoires qui portent atteinte à l’indépendance professionnelle. Ces attaques ne sont pas des incidents isolés. Elles sont le reflet d’une tendance globale menaçant non seulement les professions juridiques, mais aussi la démocratie elle-même.
L’Etat de droit repose sur un principe très simple : les avocats et les juges doivent pouvoir exercer leurs fonctions sans crainte de représailles. L’indépendance n’est pas un privilège qui leur est accordé pour leur propre bénéfice. Il s’agit d’une garantie publique qui permet de faire valoir ses droits, de contester le pouvoir et de résoudre les litiges conformément à la loi plutôt qu’à une volonté politique discrétionnaire.
Sans intimidation, harcèlement ou ingérence
Les textes internationaux sont clairs. Les principes fondamentaux des Nations unies relatifs au rôle du barreau exigent des gouvernements qu’ils veillent à ce que les avocats puissent exercer leurs fonctions sans intimidation, harcèlement ou ingérence, et interdisent toute sanction à l’encontre des avocats pour l’exercice de leurs fonctions. Ces protections existent parce que l’histoire montre que lorsque la représentation juridique est menacée, les droits fondamentaux le sont également.
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